Une histoire du monde

L’histoire des mentalités humaines est ravageuse et manque singulièrement d’esprit inventif, notons que les peuples sont pareillement lâche devant leur maître du moment, et que les loups restent des loups quelles que soient les chatteries quand leur fasse.

Les mentalités humaines révèlent une violence monstrueuse, toujours perpétuée jusqu’à nos jours.

Elle est certes plus « endimanchée » qu’autrefois, plus subreptice, plus captieuse, plus insinuante et cachant mieux ses dessous sales. Elle aurait même tendance à se raffiner au fil des ans ou se déguisant, prend cent masques divers en se parant de cent prétextes.

Violence coloniale, longtemps vécue dans l’enfouissement volontaire des colonisateurs. Violence organisant massacres, spoliations, travaux forcés, fer de contention, traitement infamant, et pire encore. Tout cela pour accumuler des richesses le plus souvent pour un personnage abject ou au nom d’un état – ce qui n’st pas plus glorieux.

Violences xénophobes à l’endroit des étrangers, des noirs, des arabes, des juifs, des roms, des pédés, des transgenres, des femmes, des enfants, des fous, des borderline, des pauvres… régulièrement dénoncée et pourtant régulièrement reconduite.

Violence faite à tous ceux considérés comme inutiles à la prospérité du capital et qu’on traite comme des chiens ou qu’on intègre en ce pinçant le nez, parce qu’ils font tout de même fonctionner la machine.

Violences policières légitimées, confortées et trop souvent flattées par les gouvernements, contre violence sociale secrétée par ces mêmes gouvernements, l’une alimentant l’autre, l’une incriminant l’autre, l’une exécrant l’autre et réciproquement. Cycle sans fin, cycle infernal.

Violence d’un nouvel ordre moral chaque jour plus moralisant, agressive, intransigeant, prêché par les nouveaux croisés de l’empire du bien, et qui, au moindre écart, accuse le déviant et le condamne sévèrement.

La mentalité humaine nous emmène dans une forme d’inquisition moderne, prospérant semble-t-il de façon inquiétante, réclamant tous les droits, mais pour mieux étouffer les opinions contraires, une inquisition d’autant plus pernicieuse qu’elle revêt les aspects de la vertu outragée.

Violence numérique agissant de telle sorte que le virtuel nous tient lieu désormais de réel. Violence numérique de la mise sous surveillance du monde qu’elle permet et renforce. Violence des haines qui déferlent sur ces réseaux, violence de la transparence tyrannique qu’elle impose et à laquelle les hommes se prête avec délectation étalant leur petit monde intime avec la même impudeur béate que les exhibitionnistes exhibent leurs attributs.

Violence d’une concurrence féroce, dictée par le marché, et appliquer, sans honte et sans limite, à tout, à tout sans exception vous dis-je.

Violence banalisée maladive, massive, mondiale, et à laquelle hélas nous nous accoutumons comme un poison dilué.

Si bien que seuls les désastres écrasants parviennent à nous émouvoir. Et encore

Face à ces temps sauvages, nous espérons toujours la prise de conscience des peuples et sa volonté d’ériger une société complètement repensée. Une société terrienne qui tournerait enfin sa colère contre nos dieux de plâtre et ouvrerait la marche à une société sereine, égalitaire dans un monde en paix.


Il faut relire Cervantès – « Don Quichotte », et méditer.


Article largement inspiré de la lecture de « Rêver debout ». Lydie Salvayre – Ed Seuil. Que son autrice veuille bien me pardonner de lui avoir emprunté certaines phrases pour rédiger de ce coup de gueule. MC


Une réflexion sur “Une histoire du monde

  1. jjbadeigtsorangefr 26/12/2021 / 15:04

    Violence d’une société où même pas 2 % des humains possèdent autant que le reste de l’humanité…

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