L’épicier de demain !

Ouvert tous les jours, avec des amplitudes horaires de folie…

… Carrefour Flash 10/10 s’affiche comme le magasin de proximité de l’avenir. Il permet aux Parisiens modernes de faire leurs achats de dépannage en un temps record.

D’où son nom : Flash pour des « courses en un éclair », et 10/10 pour dix secondes pour remplir son sac et autant pour payer.

Jeudi 25 novembre 2021, jour de l’ouverture du premier Flash, dans le 11e arrondissement, les clients sont moins nombreux que le personnel et la direction. Un ratio qui devrait s’inverser si Carrefour veut rentabiliser son investissement.

Car cette épicerie à la sauce Carrefour est une débauche de technologie : pas moins de 60 caméras observent le client depuis les murs et le plafond, grâce à une technologie élaborée avec une start-up californienne. Un algorithme qui représente le client sous forme de points et de traits le suit à la trace.

Enfin, environ 2.000 capteurs de poids disséminés sur les étagères permettent de définir quels articles ont été pris, reposés, repris…

Sur les rayonnages, on trouve des produits typiques de la malbouffe et quelques rares fruits ou légumes frais. On teste le « process » en enfournant dans son sac en tissu : un paquet de pain grillé, un pot de tarama, une tablette de chocolat.

Devant une des deux bornes, la technologie opère et affiche l’addition. Qu’on trouve excessive. Exit l’envie de chocolat. Sauf que la suppression n’est pas prévue dans le « data system ».

Vite, il nous faut l’aide d’une employée, ce qui compromet considérablement les courses « éclair » vendues par la pub.

Pour payer, une carte sans contact est bienvenue. Pour avoir un ticket de caisse, un smartphone est nécessaire.

L’employé polyvalent n’est là qu’en attendant le robot qui lui piquera son boulot de chien. Mais pour ce premier jour, il entoure le client d’attention et demande en jargon marketing : « Comment s’est passée votre expérience d’achat ? » Une expérience de m-commerce. M comme « mobile », mais pas seulement…


Natacha Demanda – Charlie Hebdo – 01/12/2021


4 réflexions sur “L’épicier de demain !

  1. luc nemeth 09/12/2021 / 16:50

    Bonjour.
    La Civilisation finira bien par éviter aux bipèdes jusqu’à la corvée d’aller faire les courses.
    Chaque jour un algorithme déterminera ce qu’en toute vraisemblance ils auraient eu envie d’acheter : étant bien entendu, que pour être en règle avec la CNIL chacun disposera d’un droit de rétour de la marchandise.
    Et voilà, c’est pas plus compliqué que ça la Civilisation !
    Cordialement

  2. jjbadeigtsorangefr 09/12/2021 / 18:54

    Décathlon transforme le client en caissier. Une seule personne pour surveiller……Il n’y a pas que de Chine qu’il faut relocaliser………….

    • ln 11/12/2021 / 17:43

      oui, mais Décathlon ne fait maintenant à sa façon qu’appliquer la recette de ceux-et-celles qui exercent le beau métier de journaliste et dont la production se réduirait depuis longtemps à peu de choses si ils-et-elles ne pouvaient commencer un texte en assurant que « les réseaux sociaux ont dit que » (etc. etc.)

      • Libres jugements 11/12/2021 / 17:57

        C’est assez vrai et dans un article récent nous avons dénoncé la pratique des managers éditoriaux qui pratiquent cette option d’info, mais dans l’article référence, il s’agit d’introduire la robotique au détriment des emplois salariés…
        Certes il est difficile d’aller contre la robotisation, cependant en supprimant les salariés donc en privant certaines personnes possibilités de revenus que va-t-il se passer ?
        À quoi servira la production des robots, si personne n’a de sous pour l’acheter ?
        Cordialement Luc
        Michel

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