C’est la faute à E… truc chose !

L’agroalimentaire en rafales.

Les additifs sont la baguette magique qui permet de donner du goût, de la couleur, de la saveur, de la texture à la tambouille industrielle, tout en repoussant toujours plus loin la date de péremption.

Pas moins de 400 colorants, agglomérants, épaississants, correcteurs d’acidité et autres agents de texture sont autorisés dans notre assiette.

L’Institut National de la Santé Et de la Recherche Médicale (Inserm) et l’Institut National de Recherche pour l’agriculture, l’Alimentation et l’Environnement (Inrae) ont eu la bonne idée de calculer la quantité d’additifs avalée par les Français.

Le résultat des courses vient d’être publié dans la prestigieuse revue scientifique « Nature » (4/10). On y découvre que chacun d’entre nous ingurgite chaque jour en moyenne 155,5 milligrammes d’additifs par kilo de poids corporel. Dit autrement, cela fait 4 kilos par an pour un Gaulois standard de 72,4 kilos.

Comme de bien entendu, plus on consomme d’aliments hyper-industriels, plus on Fait le plein de E quelque chose. Selon l’étude, les 5 % des Français le plus accros aux produits ultra-transformés avalent chacun leurs 9 kilos annuels d’additifs.

Certes, 18,3 % des aliments qu’on trouve dans les rayons sont garantis sans additifs, mais les quantités absorbées restent astronomiques. Une panoplie chimique qui n’est pas sans effet sur la santé.

Comme le rappellent l’Inserm et l’Inrae, sur les 50 additifs les plus consommés, un tiers préoccupe les autorités sanitaires.

En haut du panier :

  • les mono- et diglycérides d’acides gras (E471), dont sont fourrés les biscuits et gâteaux industriels;
  • les polyphosphates (E450 à E542), qui farcissent les céréales du petit déjeuner et les desserts lactés ;
  • les nitrites de sodium et de potassium (E250 et E249), saupoudrés sur les viandes préparées et dans les sauces en boîte.
  • Sans oublier le glutamate de sodium (E621), qui imprègne les pains transformés et les bouillons de viande.

Depuis une dizaine d’années, l’Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments réévalue la dangerosité des additifs au regard des nouvelles données scientifiques.

Un réexamen qui a, par exemple, poussé Bruxelles à interdire dès l’an prochain le dioxyde de titane (E171), abondamment utilisé dans les chewing-gums, les friandises et les décorations pour gâteaux, alors qu’il est suspecté d’être génotoxique.

Et si l’industrie alimentaire apprenait à se passer d’E… machin chose ?


Article non signé. Le Canard enchaîné. 01/12/2021

2 réflexions sur “C’est la faute à E… truc chose !

  1. bernarddominik 04/12/2021 / 08:38

    On nous a transformés en machines à consommer.
    On avale tout, on gobe tout.
    Et après on nous soigne avec d’autres additifs.

    • jjbey 04/12/2021 / 11:17

      Comment transformer ces machines à consommer en machines à réfléchir? Pas facile quand tu es assommé par la pub, que tu fais tes courses vite fait au super marché du coin et que ton temps disponible pour réfléchir est riquiqui. C’est le système qui organise tout ça et en prendre conscience est de plus en plus difficile. La pensée unique diffusée à longueur de temps par des médias accaparés par le fric ne facilite pas la chose. Changeons de système…………

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