Grosse manip’ Élyséenne.

Les mauvais coups se préparent toujours par des commissions ou rapports expliquant la nécessité d’agir, mais ce sont en vérités que l’activation de régressions sociales.

Voici qu’à la veille de l’élection présidentielle, sous les lambris de quelques ministères et de l’Elysée, se concocte un projet dit de « grande sécu ». S’agit-il de répondre aux déserts médicaux, à la crise de notre système de santé ou aux défis du vieillissement ? Rien de cela !

En apparence le projet semble alléchant.

Il est présenté comme un moyen pour les assurés sociaux de réaliser des économies sur leurs mutuelles ou complémentaires santé. Ainsi, sur commande du ministre de la santé, le Haut-conseil pour l’avenir de l’assurance maladie brandit la somme de 19 milliards € d’économies.

Un grand bluff, puisque cette somme sera payée par les assurés sociaux sous forme d’impôts, avec une augmentation de la contribution sociale généralisée (CSG) ou des surplus de TVA.

Il est bon de rappeler que lors de sa création, la CSG a été présentée comme une contribution provisoire.

Non seulement ce prélèvement supplémentaire dure mais augmente régulièrement.

A celui-ci s’est ajoutée la Contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS).

De loin en loin, une part du financement de la protection sociale s’est donc fiscalisé et étatisé, à l’opposé du mode financement et de gestion pensés par Ambroise Croizat , selon lesquels les travailleurs gèrent eux même, via la cotisation, les richesses produites par le travail dans l’objetif de faire face solidairement au risque, au chômage, à la vieillesse, à la maladie.

Aujourd’hui, il est proposé de pousser encore plus loin cette étatisation par le bais d’une fiscalisation : le système solidaire assis sur les cotisations sociales issues du travail et des richesses produites sera remplacé par un impôt qui augmentera au fur et à mesure des demandes étatiques pour rembourser une dette globale, alors que les recettes du budget de l’Etat diminuent du fait des exonérations d’impôts et de cotisations sociales des plus grandes entreprises.

On insérera donc la Sécurité sociale dans le périmètre contraint des comptes de l’Etat, eux-mêmes soumis aux dogmes austéritaires.

C’est, du reste, ce qui vient d’arriver à l’assurance chômage.

[…] … La suite (en lecture libre) est à lire en suivant le lien


Patrick Le Hyaric – La lettre du 25/11/2021

2 réflexions sur “Grosse manip’ Élyséenne.

  1. jjbey 28/11/2021 / 22:18

    La boucle sera bouclée, les assurés privés de leur droit de gestion, l’impôt remplaçant tout ou partie du financement par les cotisations…
    Ambroise Croizat se retourne dans sa tombe…

  2. Danielle ROLLAT 30/11/2021 / 14:14

    Aussi ne leur donnons pas de chèque en blanc en avril/mai et juin prochains… et ils sont nombreux sur les rangs…

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