Elle se revendique, capitale de la Gaulle…

[…] À Lyon, l’actualité va plus vite que son ombre. […]

La récente venue à Lyon de l’extrême droite en la personne de Jordan Bardella, président du RN et de ce que le journalisme ne fait pas de mieux, en la personne de Jean-Marc Morandini et son émission sur CNews, Face à la rue, a réactivé le collectif des Daltons dont on avait pu croire – à tort – qu’il se tiendrait plus sage. Mais, avec la venue du tandem Bardella/Morandini, la tentation était trop forte, la perche tendue par Bolloré bien longue et les caméras trop visibles pour que les Daltons restent dans l’ombre.

Les manifestations contre la banalisation de l’extrême droite sont plus que jamais légitimes. À Lyon, des manifestants antifascistes étaient venus crier leur colère contre l’émission Face à la rue qui consiste à inviter des politiques, si possible clivants (Éric Zemmour à Drancy, Jordan Bardella à la Guillotière à Lyon) et à les emmener en promenade, entourés de policiers et CRS, s’arrêtant de-ci de-là pour aller à la rencontre d’habitants pré-sélectionnés. Moins pour régler les problèmes des gens du quartier que pour la recherche du buzz.

C’est dans ce cadre-là que, mercredi 24 novembre, trois jeunes déguisés en Dalton ont tiré en direction de la foule et des policiers avec des mortiers d’artifice, sans blesser personne.

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Pas de chance pour ces nouveaux Daltons. La police a réussi à en arrêter trois : un mineur de 17 ans et deux majeurs de 18 qui ont été déférés au parquet de Lyon dans la foulée. […] Ce collectif plus qu’informel dit se composer de centaines de personnes, le déguisement permettant à tous à chacun de se revendiquer Dalton. […]

[…] ce vendredi 26/11/2021 est aussi le jour où le tribunal administratif a rendu son verdict dans l’affaire portée par l’association Lyon en colère contre les rodéos urbains à répétition.

Rappelons que celle-ci avait assigné la mairie et la préfecture pour non-respect de la tranquillité et de la sécurité publique. Elle vient d’être déboutées par le tribunal administratif de Lyon. « Le tribunal a jugé qu’aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Lyon ni de l’État n’est caractérisée et rejette les requêtes », estime la juridiction administrative.

Quant à la requête visant directement le maire, le tribunal rappelle que, dans les communes où la police est étatisée comme c’est le cas à Lyon, « le maire est compétent pour prévenir les atteintes à la tranquillité publique uniquement concernant les troubles de voisinage ». Or, par un étrange raisonnement juridique, le tribunal estime que les rodéos étant le fait de « personnes de passage », la notion de voisinage ne peut être retenue. […]


Natacha Devanda – Charlie Hebdo Web – Source (extraits)

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