Bolloré et « La Croix » ne font qu’un !

Saint Vincent Bolloré vient de se faire remonter l’auréole par « La Croix L’Hebdo ».

Dans une enquête très fouillée, le journal catholique raconte les dérives de l’entreprise de rechristianisation de la France lancée par le pieux milliardaire d’extrême droite sur ses chaînes de télé.

Par exemple, l’émission dominicale « En quête d’esprit » (CNews) a réalisé l’exploit, le 10 octobre, de passer intégralement sous silence la publication (intervenue cinq jours plus tôt) du rapport Sauvé sur la pédophilie dans l’Église.

Ce jour-là, il n’a été question à l’antenne que du film « Fatima »

Le présentateur de l’émission, Aymeric Pourbaix, s’en est expliqué de manière hallucinante dans les colonnes du très réactionnaire hebdomadaire « France catholique » (racheté par Bolloré en 2018).

Sous le titre « Se taire ou parler ? », le journaliste dévot proclame sa bonne parole : « Parfois, même, le silence est une indication à rester prudents. Et il est aussi permis de se poser la question, sans pour autant tomber dans le complotisme : quand toutes les ondes tiennent le même discours, qui leur a appris cette hymne à l’unisson ? Ne peut-il y avoir un chef d’orchestre caché, et à quelles fins ? »

Et d’asséner dans sa conclusion : « Qui lance des pierres à l’Église atteint le Christ. »Les victimes des curés violeurs et tripoteurs peuvent se le tenir pour dit…

Pour diffuser la bonne parole et racheter les péchés du monde, Vincent Bolloré cultive également une charité débridée. « La Croix L’Hebdo » lui attribue 328 projets de mécénat, pour un montant global de 2,5 millions par an, soit la somme faramineuse de 7.622 euros par projet.

Ces 2,5 millions représentent également moins de 0,03 % de sa fortune personnelle, estimée à 8,4 milliards d’euros. Sans compter les boutons de culotte pour la quête…

Le patron breton n’a, en revanche, rien donné pour la reconstruction de Notre-Dame, contrairement à ses collègues milliardaires Bernard Arnault et François Pinault, qui ont versé plusieurs centaines de millions.

Explication de son ami Bernard Poignant, ancien maire (PS) de Quimper : « Vincent Bolloré a trouvé qu’il ne fallait pas en rajouter. Cela risquait d’écraser tous les autres dons, ceux des gens plus humbles. »

Qu’en termes charitables ces choses-là sont dites…


Article signé des initiales H. L. – Le Canard enchainé – 17/11/2021