Après l’ecoeurante prestation d’Eric à France info ce matin

À l’heure où nous écrivons (11 h – 22/11/2021), nous n’avons pas trouvé la vidéo de cette interview espérons qu’elle apparaîtra dans la journée.

Les dires de cet abject personnage nous ont hérissés au plus haut point. Certes, il y distille ses obsessions en termes de primauté des Français, mais pas seulement… et entre autres, il balaye le droit aux Françaises d’être « dans l’élite de la nation » aggravé bien entendu si elles sont identifiées avec un prénom non inscrit dans le calendrier œcuménique. Ce n’est pas tout…

Nous pensons que si vous ne devez écouter qu’une seule fois le gugusse, c’est cet interview qu’il faut disséquer… pour oublier aussitôt, les honteuses prophéties qu’il véhicule. MC


En tout cas, il nous fait nous rapprocher de notre lecture récente… dont voici un extrait…

[…] … dans l’Espagne figée dans les normes édictées par la puissance royale redoublée de la puissance catholique, le moindre geste qui s’en écarte apparaît aussitôt comme une effroyable menace.

La suspicion y est sans limites.

Elle touche à la démence.

Le premier statut de la pureté du sang a été promulgué contre les juifs en 1449.

Quant à l’Inquisition, autorisée depuis 1478, elle fait encore et toujours régner la terreur sur tout le territoire. Un mot irréfléchi, un juron religieux étourdiment

lancé, une accusation de luxure, d’adultère ou d’une autre de ces abominables diableries, une dénonciation d’athéisme ou de sorcellerie (l’exercice de la dénonciation n’est pas qu’un sport français), et vous voilà jeté vif dans les flammes, décapité, emprisonné, excommunié ou banni.

Et cette terreur grandit encore avec l’inquisiteur général archevêque de Séville qui organise en 1559 l’un des plus impressionnants autodafés de l’Histoire.

La même armée est publié le premier Index espagnol des livres interdits, parmi lesquels ceux de Feliciano de Silva. L’enfer des livres est rempli à ras bord.

Et l’on commence à délivrer des certificats de propreté du sang, limpiezas de sangre, aux personnes « non souillées » de sang juif ou musulman.

Philippe II, roi des Espagnes et de ses dépendances en Méditerranée et aux Amériques, qui a accédé au trône en 1555, ne fait que prolonger cette infâme politique et maintenir sous une chape de peur un pays dans lequel rien ne doit provoquer le moindre désordre, et cela tant dans les esprits que dans l’organisation de la cité

Être en mouvement, être vivant, parler, rire, respirer, se battre, c’est forcément ébranler cet ordre immobile et parfait qui peut se résumer ainsi :

  • les pauvres : dans leur pauvreté (que nul ne leur dispute) ;
  • les courtisans (et leur précieuse espèce) : dans leur basse-cour ;
  • les déviants : au bûcher ;
  • et les livres « nocifs » : réduits en cendres.

Être en mouvement, c’est forcément inquiéter ceux qui ont purgé la vie de son battement, de ses passions, de ses orages, et qui vivent pétrifiés et hagards, tremblant au moindre souffle, essayant de se faire oublier et oubliant du même coup de vivre, pris dans une apathie, dans une torpeur, je n’ose dire dans une mort, à laquelle ils donnent le nom de paix.

Aux yeux de ces derniers, les dérangements ne sont tolérables que s’ils sont justifiés, légalisés, et moralisés par le pouvoir : le pouvoir de l’Église et le pouvoir du roi à votre époque, le pouvoir de l’argent aujourd’hui, qui a avantageusement remplacé les deux autres.

Lydie Salvayre – « Rêver debout » – Ed. Seuil

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