Drame annoncé et réel.

… Hostos sans soignants et sans médocs…

L’Hosto, pas de jaloux : il manque du personnel partout !

A la pharmacie centrale des hôpitaux de Paris, il n’y a même plus assez de bras… pour ouvrir les cartons de médicaments. « Au lieu d’être livrés toutes les vingt-quatre heures comme d’habitude, on attend les commandes pendant quatre à cinq jours, tempête un pharmacien hospitalier. On fait les fonds de tiroir, mais certains patients ont quand même eu des ruptures de traitement d’une ou deux journées. » Ils auraient dû tenter un saut à la pharmacie du coin !

Le 8 novembre 2021, la pharmacienne en chef de l’hôpital Bicêtre s’est fendue d’un mail excédé à l’Ageps, l’Agence générale des équipements et produits de santé de l’AP-HP (ex-Pharmacie centrale) : « Il est inacceptable de constater que nos patients ne recevront pas les dosages qui leur sont adaptés, les traitements qui leur sont nécessaires parce que vous n’avez pas le personnel pour déballer et enregistrer les livraisons !»

Et la cheffe de service de citer quelques médocs pour lesquels « nos hôpitaux ne peuvent plus s’approvisionner à l’Ageps » : Dovato (un antirétroviral), Isturisa 1 et 5 mg (traitant les troubles endocriniens), Forxiga (utilisé, entre autres, en cardiologie) ou Zithromax (un antibio).

Ça passe ou ça casse

Le lendemain, le Dr Laurent Havard, un responsable de l’Ageps, lui répond. Pour commencer, il confirme la cata : « Comme vous l’avez remarqué, nous éprouvons les plus grandes difficultés à honorer vos commandes. » Puis il en cite les raisons : les fameuses « ressources en personnel [qu’ils doivent] absolument renforcer ».

Sur ce point, qu’on se rassure : « Nous travaillons au plus près de la direction (…) pour trouver les bonnes solutions de renfort. » A Pâques ou à la Trinité ?

Pour tout arranger, ajoute-t-il, la « tour de stockage » subit « de très nombreuses pannes répétées ». Et y a personne pour réparer ?

En attendant, les équipes de la plateforme triment « d’arrache-pied » pour rattraper le retard.

Ces malheureux sont même venus travailler le 11-Novembre 2021. « Un signe supplémentaire de décrépitude, s’inquiète un toubib. Même pendant le Covid, on n’a pas connu ça. »

Il suffisait d’attendre !


Isabelle Barré – Le Canard Enchainé – 17/11/2021