Sarah Knafo

La « jeune » conseillère à la Cour des comptes, s’est mise en disponibilité le temps de veiller attentivement sur le presque candidat Zemmour et sa précampagne présidentielle.

Elle rit beaucoup, Sarah Knafo. Elle est enjouée, fait la bise à tout le monde, envoie des cen­taines de SMS par jour, bosse comme une malade, sort, reçoit, écoute, s’intéresse. Quand Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes, le supérieur hiérarchique de cette jeune magistrate de 28 ans, a planté ses yeux dans les siens en lui disant froidement que les propos sur Pétain tenus par Eric Zemmour, son mentor, étaient « inadmissibles » et a conclu en rappelant : « Ma mère a porté l’étoile jaune, enfant », elle ne s’est pas démontée. « Je comprends », a-t-elle répondu, calme, nullement agressive, détendue.

Elle « comprend », Sarah Knafo, jeune énarque sortie dans la botte, qui se définit comme « française de confession israélite », en utilisant le vocabulaire de la vieille droite antisémite, et parle de son « détachement par rapport à l’identité juive ». On l’imagine en effet assez « détachée » de toutes ces vieilles histoires que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître.

 Désireuse de ne pas faire de vagues, elle s’est mise en disponibilité de la Cour, le temps de la campagne. Evitons d’inutiles crispations.

La voilà propulsée à la fois conseillère politique et directrice de campagne du pas-en­core-candidat Zemmour. « Z », comme l’appellent ses proches, avait jeté son dévolu sur Patrick Stefanini, mais cet ancien préfet aux prises de position musclées, proche d’Alain Juppé et qui dirigea la dernière campagne présidentielle de François Fillon, a rejoint l’équipe de Valérie Pécresse. C’est donc Sarah Knafo (qui a toute la confiance du futur candidat, un ami de sa famille qu’elle connaît depuis une quinzaine d’années) qui se trouve aux commandes.

Déterminée et masquée

Elle s’y entend pour faire grossir les rangs des zemmouristes, organise des dîners chez elle pour permettre à « Z » de rencontrer des ténors de la droite et recrute surtout d’indispensables petites mains. Ses viviers sont le syndicalisme étudiant de droite, l’UNI, mais aussi l’IFP, l’Institut de formation politique, un organisme se définissant comme « libéral conservateur », financé par l’homme d’affaires Charles Gave, eurosceptique et proche des Identitaires.

A l’IFP, qui a servi de modèle à l’Issep, l’école fondée et dirigée par Marion Maréchal, à Lyon, on est bien dégagé derrière les oreilles et on écoute des intervenants qui ont pour nom Robert Ménard, Patrick Buisson, Philippe de Villiers, Eric Zemmour…

Tu veux vivre une super-aventure, en finir avec les tabous qui nous empêchent d’aller au bout de notre pensée, dynamiter un RN soviétisé et une droite à bout de souffle qui n’a plus de droite que le nom ? Rejoins « Z » !

Ça marche pas trop mal, on dirait. Knafo est une excellente recruteuse : elle a fait venir chez Zemmour l’ancien préfet des Pyrénées-Atlantiques Gilbert Payet, qui fut son directeur de stage à Pau. « Knafo est vraiment très forte, car Payet n’a jamais été sur une ligne Zemmour. C’est un haut fonctionnaire intelligent et respecté qui pense n’avoir pas fait la carrière qu’il méritait. Knafo a senti ce besoin de reconnaissance », estime un préfet. Gilbert Payet va s’occuper des comptes de campagne.

Quand la proximité de la jeune magistrate et d’Eric Zemmour éclate au grand jour dans « Match », c’est la sidération.

[…]

Anne-Sophie Mercier – Source (Extraits) Le Canard Enchainé – 10/11/2021


Source Wikipédia –

Née en 1993, issue d’une famille juive séfarade d’Algérie, Sarah Knafo suit une scolarité au lycée de l’Alliance, un établissement privé juif sous contrat, appartenant au réseau de l’Alliance israélite universelle, où elle obtient un baccalauréat en 2011. Elle déclare en 2016 : « Je suis de confession juive, mais je me sens de culture chrétienne.

En 2018, au cours de sa scolarité à l’ENA, elle effectue un stage à l’ambassade de France pour la Libye, à l’époque délocalisée à Tunis8. Elle travaille notamment sur les routes migratoires, expérience qu’elle fait ensuite valoir lors d’un second stage à la direction générale des étrangers en France. C’est dans le cadre de ces stages qu’elle rédige, selon L’Express, un « guide pratique » à destination de l’administration centrale, destiné à faciliter les procédures d’expulsion des clandestins. Enfin, au printemps 2020, elle intervient à la préfecture du département de Seine-Saint-Denis en tant que « haut fonctionnaire en renfort Covid-19 », service volontaire pour lequel elle est décorée de la médaille d’honneur pour acte de courage et de dévouement sur décision du préfet Georges-François Leclerc.

En 2019, son classement à la fin de ses études à l’ENA lui ouvre la porte des grands corps de l’État. Elle devient magistrate à la Cour des comptes après un avis défavorable de l’Inspection générale des finances.


5 réflexions sur “Sarah Knafo

  1. jjbey 15/11/2021 / 10:07

    Que du beau monde qui se place auprès des défenseurs résolus du système.
    A nous de faire barrage.

  2. luc nemeth 15/11/2021 / 14:35

    Bonjour. On comprend mal comment cette nécessiteuse du cerveau pouvait déclarer, en 2016 déjà : « Je suis de confession juive, mais je me sens de culture chrétienne ». Et… prout ma chère ?
    Même un lycée de niveau moyen sait que nos sociétés sont de culture… JUDEO-CHRETIENNE, je n’y peux rien mais c’est ainsi

    • Libres jugements 15/11/2021 / 16:04

      Bonjour Luc et merci pour ce commentaire.

      Pour ma part peu importe l’obédience d’une personne.
      Il s’agit là, en l’occurrence, plus d’une mentalité générale qui me fait réagir.
      Malgré mes 80 balais, né en 41, je n’ai pas connu directement les affres du nazisme ; par contre j’en ai été abreuvé et avec juste raison durant toute mon adolescence. Se mettre au service d’une telle personne réfutant un certains nombres de points historiques avérés, est désastreux.
      Ce trublion nauséabond dans ses dérives ne m’intéresse nullement et pour tout dire; je trouves très inquiétant la mentalité générale qu’il diffuse.
      Cordialement,
      Michel

  3. luc n. 15/11/2021 / 18:31

    Merci à Libres jugements.
    A quoi je m’empresse d’ajouter que pour ma part aussi peu importent les « origines », les appartenances, etc. mais que j’ai du mal à mettre entre parenthèses le phénomène connu sous le nom de renégatisme -lorsque le cas se présente. Et dans une société de tradition judéo-chrétienne (on pourrait ajouter gréco-romaine, sans même parler d’autres apports) : énoncer « je suis de confession juive, mais je me sens de culture chrétienne » m’apparaît comme un clin d’oeil graveleux adressé à… une certaine France.
    Cordialement,
    Luc

    • Libres jugements 16/11/2021 / 14:26

      Bonjour Luc et merci pour ce commentaire
      Certes, dans cet article, il est possible de sortir telle ou telle phrase ; toutefois en postant l’avis de la journaliste du canard, mon intention était d’attirer du lecteur-de la lectrice, sur le fait que « le personnage médiatique », ce trublion nazillon (ex-commentateur spécialiste du buzz extrême droitier en tout et rien) qui avait table ouverte dans une des chaînes détenu par Bolloré; n’est hélas pas seul en piste, soutenue qu’il est, par un petit nombre de familles à l’intérêt au dégagisme certain.
      Cordialement,
      Michel

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