Loin de réconforter ceux qui «galère»

Ces banques qui ont su vaincre la Covid

Une hausse de 32 % de son bénéfice au troisième trimestre, telle est la performance réalisée par la première banque française, BNP Pari-bas. Et elle n’est pas la seule à voir ses résultats s’envoler. Sur les trois premiers trimestres 2021, la Société générale a encaissé un bénéfice de 3,9 milliards et a réalisé le meilleur profit de son histoire. BPCE, qui regroupe la Banque populaire, la Caisse d’Epargne et Natixis, l’a doublé sur un an.

Les boursicoteurs ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Depuis le début de l’année, les cours des actions bancaires cotées au CAC 40 tutoient des sommets. Le titre BNP Paribas a gagné 38,06 % ; Crédit agricole : 28,37 %. Et ce n’est apparemment pas fini. Comme le souligne « Investir » (5/11), le titre BNP Paribas devrait encore monter. Comme celui de la Société générale, dont l’action a gagné 126,75 % en un an.

Les banques françaises, qui, en 2020, en pleine pandémie, avaient été incitées par la Banque centrale européenne à ne verser aucun dividende, ont décidé de se rattraper cette année. Toutes ont repris les distributions et ont décidé de multiplier les rachats d’actions. Une option qui fait augmenter mécaniquement leurs cours en Bourse. Le Crédit agricole a décidé d’y consacrer 500 millions d’euros, la Société générale 470 millions, et la BNP Pari-bas, qui bat les records de la place, 900 millions.

Sommets tutoyés

Pour parvenir à ces résultats, les établissements financiers ont tous bénéficié d’une hausse continue de leur chiffre d’affaires (produit net bancaire). Plus 15 %, par exemple, pour la Société générale. Elles ont notamment vu flamber les revenus de la banque d’investissement ou de financement. Quant à la banque de détail, la hausse continue des tarifs des services et une sélection plus rigoureuse des crédits aux particuliers lui profitent bien aussi.

Bénéficiant du climat créé par la pandémie, les banquiers n’avaient pas cessé de répéter que la baisse des taux, proches de zéro (quand ils n’étaient pas négatifs), imposée par les banques centrales les condamnait à une descente aux enfers. Les taux restent toujours aussi bas, l’inflation reprend, et les établissements bancaires réalisent des performances jamais atteintes. Mais, au moins, ils n’osent plus pleurer…


Article non signé – source « Le canard » 10/11/2021