Un sondé, sondant les sondages…

Alors qu’ils font et défont des notoriétés, comment croire à l’authenticité de certains de ces sondages ?

Luc Bronner, grand reporter au « Monde », a survécu. Pourtant, au cours des six dernières semaines, il a répondu à « plus de 200 sondages »sur la Toile, à partir d’une dizaine de comptes enregistrés sous de fausses identités il a ainsi pu donner son avis sur les « emballages des chocolats Lindt », la « politique vaccinale française », les « meilleurs ketchups »et le « congrès des Républicains », entre autres sujets (« Le Monde », 4/11).

Résultat des courses, si l’on peut dire : derrière la com’ bien huilée des instituts de sondage, qui ne jurent que par la parfaite re-pré-sen-ta-ti-vi-té de leurs échantillons, se dessine « un système particulièrement opaque », avec le « recours à des panels de consommateurs recrutés sur Internet, sans véritable contrôle ni régulation, en échange d’une rémunération modique ».

Une illustration troublante ?

Alors que tous les instituts jurent la main sur le coeur que leurs panélistes sont interrogés avec modération afin d’éviter qu’ils ne deviennent des « forcenés des sondages », la pratique est tout autre. « J’ai pu compléter jusqu’à quatre questionnaires en vingt-quatre heures chez Ipsos,relate le journaliste. Sur Harris-Toluna, j’ai pu démarrer onze sondages et en terminer intégralement trois en une matinée. »

Et, donc, quel est le meilleur ketchup à ses yeux ?


Article signé des initiales C. B. – Le Canard enchaîné. 10/11/2021

3 réflexions sur “Un sondé, sondant les sondages…

  1. bernarddominik 13/11/2021 / 09:08

    Des outils de manipulation.

  2. jjbey 13/11/2021 / 09:59

    Manipulation des outils pour obtenir les résultats espérés des clients.

  3. Danielle ROLLAT 14/11/2021 / 16:18

    Et le consommateur paie l’addition ensuite…

Laisser un commentaire