Misandrie

Vue de loin, la misandrie a tout l’air d’une blague.

C’est le spectre que brandissent les antiféministes lorsqu’ils jugent que les femmes parlent trop fort, que leur colère est trop virulente : ah, ces féministes agressives qui haïssent les hommes et ne prônent plus l’égalité des sexes, mais cherchent à instaurer une société dominée par les femmes au sein de laquelle la castration serait la règle !

Il peut ainsi paraître tentant de tracer un parallèle direct entre la misandrie et la misogynie, et de rejeter l’une comme on voudrait voir l’autre condamnée.

Pourtant, misandrie et misogynie ne sont pas les deux faces d’une même médaille. Les comparer contribue soit à masquer les ressorts sociaux qui structurent la domination masculine, soit à faire passer la misandrie pour une discrimination systémique.

Force est d’admettre que cette confusion véhicule l’idée que nous vivons dans une société « civilisée » qui aurait dépassé les inégalités entre les hommes et les femmes. C’est exactement dans l’objectif de s’opposer à cette analyse dépolitisante que certaines femmes revendiquent leur hostilité envers les hommes.

La misandrie s’explique par l’omniprésence toujours actuelle d’un climat qui favorise les violences sexistes. Non seulement il existe autour de nous des hommes misogynes qui, en qualité d’individus, peuvent – ou ne peuvent pas – être évités au quotidien, mais le système social dans lequel on vit ne punit pas ces individus et, au contraire, les encourage.