Pan-pan, cul-cul !

Elisabeth Borne, la ministre du Travail et de l’Emploi, a sorti une énormité, jeudi 28 octobre 2021 sur France Inter, où elle était venue faire un triomphe avec les chiffres du chômage du troisième trimestre.

« On voit une baisse des demandeurs d’emploi sans activité : 200 000 sur le troisième trimestre », a-t-elle affirmé.

Faux ! Et la ministre ne pouvait l’ignorer.

Inscrits et proscrits

En regardant en face ses tableaux de statistiques, elle aurait reconnu que la catégorie A (regroupant ceux qui, auparavant, avaient un job à temps complet, de 151 heures et plus) n’était pas la seule à recenser les demandeurs d’emploi n’ayant aucune autre activité. La « A » a bien diminué de 3,51 à 3,31 millions.

Mais, dans la « C » (où sont relégués ceux qui n’ont pas effectué les 151 heures fatidiques par mois, parfois à quelques dizaines de minutes près), l’effectif a grimpé de 100 000 demandeurs au trimestre dernier.

S’y ajoutent plus de 50 000 inscrits à Pôle emploi qui entament une formation et sont donc rayés des fichiers. L’ancienne patronne de la RATP devrait pourtant s’y connaître en aiguillage…

Ces fameux aiguillages qui ont permis d’orienter 150 000 chômeurs de plus vers une voie de garage statistique, pour le seul troisième trimestre.

Conclusion : le chômage diminue… mais un peu. Ainsi, les patrons sont de plus en plus nombreux à déposer des propositions de job à Pôle emploi. Au cours du dernier trimestre, on a dénombré plus de 291 000 postes à pourvoir — un record.

Pourquoi un tel manque de candidats ?

Simple : 6 contrats sur 10 proposés par Pôle emploi le sont pour une durée de moins de six mois, avec des salaires souvent pas folichons. Emplois précaires, petits salaires : après le taux de chômage, l’étau du chômage…


Article signé des initiales A. G. – Le Canard Enchainé 03/11/2021

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