Climat : les vieux fossiles font de la résistance

A la veille de la COP26, qui doit se tenir du 1er au 12 novembre 2021 à Glasgow (Ecosse), les experts du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) viennent de publier leur deuxième rapport sur l’« écart de production » d’énergies fossiles dans le monde (« Production Gap Report »).

En clair, ces crânes d’oeuf calculent la différence entre la production et l’utilisation du charbon, du pétrole et du gaz décidées par 15 grands pays producteurs (Etats-Unis, Chine, Russie, Arabie saoudite, Grande-Bretagne, etc.). Et les plafonds qu’il aurait fallu respecter pour juguler la hausse des températures.

Coup de chaud garanti : «Alors que les Etats s’engagent à la neutralité carbone et rehaussent leurs ambitions climatiques (…), les gouvernements prévoient de produire, en 2030, deux fois plus de combustibles fossiles que ce qu’il faudrait pour limiter le réchauffement à 1,5 °C. »

A l’horizon 2030, les prévisions d’extraction de charbon des 15 pays dépassent de… 240 % le niveau compatible avec une hausse inférieure à 1,5 °C. Côté pétrole et gaz, les objectifs de production excèdent respectivement de 57 % et de 71 % les volumes requis pour respecter les engagements pris dans le cadre de l’accord de Paris… en 2015 !

Et les experts du PNUE de souligner, fatalistes : ces Etats « n’ont pas reconnu explicitement la nécessité de réduire la production d’énergies fossiles, ni établi de plans à cette fin ».

Et sinon, la COP26, ça gaze ?


Article non signé. Le Canard enchaîné. 27/10/2021