La culture devrait-doit être en accès libre !

Ce qui forge la réflexion personnelle de chacun : c’est la culture… et uniquement elle.

Malheureusement, l’éducation nationale d’abord, l’abêtissement audiovisuel dû aux émissions, séries, films, diffusés par les différents supports, majoritairement les accès payants aux musées, le coût d’achats des livres, constituent un rebutoir a son libre accès pour beaucoup de personnes disposant d’un maigre revenu, ayant pour préoccupations prioritaires l’achat de nourritures de premières nécessité et d’honorer leurs échéances au quotidien.

Profitons des élections de 2022 pour regarder de près les programmes des candidats portant notamment sur leurs propositions en matière culturel… MC


Il flotte comme un parfum d’incohérence dans la politique culturelle menée auprès des bibliothèques publiques françaises. On ne cesse de louer et renforcer leur mission – le 6 octobre, l’Assemblée nationale adoptait à l’unanimité et dans l’allégresse une proposition de loi consacrant la liberté et la gratuité d’accès, pour toutes et tous, faisant de ces lieux de culture un refuge contre l’illettrisme, un sanctuaire égalitaire pour le livre sous toutes ses formes.

La lecture a même été décrétée grande cause nationale jusqu’à l’été 2022 par Emmanuel Macron, qui mise sur un appui certain de ces bibliothèques.

Mais, alors pourquoi ces dernières, valorisées de toutes parts, faisaient-elles massivement la grève, le 1ᵉʳ octobre, déjà, puis ce mercredi 13 octobre, encore ?

En cause, le contrôle du passe sanitaire qui leur a été imposé et, depuis le 30 septembre, son extension aux enfants et adolescents de 12 à 17 ans.

« 2021 est l’année de la lecture, mais c’est surtout l’année où l’on restreint l’accès à l’un des principaux lieux de la pratique de la lecture, dénonce Mélissa Viguié, secrétaire nationale du syndicat Sud Culture. Devoir contrôler les jeunes a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase et mis en colère les personnels des bibliothèques. Ces âges-là représentent tout un pan des usagers, et pour les agents cela revient à une remise en cause de leur mission, qui est l’accueil inconditionnel et sans discrimination du public. »

Pas d’ambiguïté : la grève n’est en aucun cas contre la vaccination, mais bien contre la privation d’accès pour une partie des usagers des bibliothèques. « Ce n’est pas le sens de ce service public, poursuit Mélissa Viguié. Les bibliothèques sont un refuge, un lieu qui accueille souvent les plus précaires, dont on sait qu’ils sont les plus éloignés de la vaccination. » Et de constater une baisse de près d’un tiers de la fréquentation depuis septembre. […]

Parfum d’incohérence encore, certaines bibliothèques, comme la BNF à Paris, les bibliothèques universitaires, ont été exemptées de passe sanitaire, au motif qu’elles seraient des lieux de recherche, et donc un espace de travail pour les chercheurs. Le décret laisse en effet la possibilité d’accès à toute personne effectuant une démarche professionnelle, aux collectivités de trancher ce qui en relève ou non.  

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“En quoi serait-il risqué de venir emprunter un livre alors qu’on peut en acheter sans passe dans un centre commercial ?” Céline Tirard-Collet, bibliothécaire à Grenoble

Incohérence, enfin, quand on sait que les bibliothèques avaient été décrétées lieux essentiels par le gouvernement et qu’elles n’ont jamais fermé depuis mai 2020, enchaînant un nombre incalculable de protocoles sanitaires, de réorganisations de services et de changements d’horaires pour assurer la continuité du service public.  

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Julia Vergely. Télérama. Titre original : « Bibliothèques en grève contre le passe sanitaire : “Nous sommes passés d’essentielles à dangereuses” ».

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