Education, Zemmour, Danger !

… le brun est de sortie, la bête immonde sort de l’égout.

Selon Valeurs Actuelles – Sources (Extraits)

A la veille de l’hommage national à Samuel Paty, y aurait-il un frémissement « zemmourien » au sein de l’Education nationale ? C’est le cas pour certains enseignants. Ce vendredi 15 octobre, cinquante professeurs ont signé et rédigé une tribune dans Le Figaro pour apporter leur soutien à Eric Zemmour. Ils ont lancé un site Internet www.lesprofsaveczemmour.fr. Leur but : « Porter (l’éditorialiste) jusqu’à la victoire ». Celui qui n’a pas encore officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle serait en effet le seul à ne « pas renoncer à la grandeur intellectuelle de la France ». Les fonctionnaires ont assuré dans leur tribune porter « le projet d’une école de l’excellence pour tous, en fonction des capacités et de la singularité de chacun ». Et Eric Zemmour serait donc le plus à même pour rétablir la véritable école de la République.


Autre point de vue :

Dans l’Humanité signé Olivier Chartrain – Source (Extraits)

Il fallait s’y attendre : depuis vendredi 15 octobre, il y a des « profs avec Zemmour ». Il était assez évident, en effet, que l’opération médiatique assez bien huilée, qui pousse le polémiste multicondamné vers la présidentielle, ne pouvait décemment éviter de s’attaquer aux questions d’éducation. C’est donc chose faite avec un appel « Les profs avec Zemmour », lancé discrètement le 14 octobre, mais efficacement relayé dès le lendemain sur le site du Figaro. Ou plus précisément, via la plateforme Figarovox qui, sous couvert de débats, constitue une sorte de déversoir des droites extrêmes abrité par le quotidien du groupe Dassault.

La date choisie, celle du jour des commémorations officielles de l’assassinat de Samuel Paty, ne doit évidemment rien au hasard. Et d’ailleurs, le texte qui figure sur l’unique page du site (indisponible dimanche) tente d’opérer une misérable récupération du meurtre du prof d’histoire-géo, en insinuant que contrairement à la majorité de ses collègues, « lui était resté fidèle à l’esprit des Lumières, qu’on s’empresse surtout d’invoquer contre le christianisme et l’héritage catholique de la France »… Comme en réponse, l’avocate de la famille Paty avait dénoncé le même jour « l’exploitation politique des victimes » : « Ce manque de respect et de dignité vis-à-vis des familles, qui n’ont évidemment pas été consultées, est d’une indécence folle » avait poursuivi M e Virginie Le Roy.

« Les scores soviétiques du brevet et du bac »

Et les auteurs des « profs avec Zemmour » n’en sont pas à une récupération près, eux qui tentent également de s’approprier Péguy ou Jean Zay pour justifier leur discours sur l’école, qui sent franchement le rance. Fustigeant le « catéchisme victimaire » et la « propagande progressiste » qui auraient cours dans les écoles en attendant « la vague woke et sa cancel culture  » , déplorant pêle-mêle « la faiblesse du niveau des élèves » et « les scores soviétiques du brevet et du baccalauréat » , «  l’inanité des innovations pédagogiques », « les échecs désastreux du collège unique » et « l’égalitarisme », fantasmant « l’abandon (…) de la méthode syllabique dans l’apprentissage de la lecture », ils en appellent finalement à « une grande réforme de l’Éducation nationale fondée sur le mérite, l’excellence, et l’autorité. » Sans plus de détails, sinon l’urgence d’améliorer la « maîtrise des savoirs fondamentaux ».

Ce dernier aspect – et il n’est pas le seul – n’est pas sans rappeler celui du ministre Jean-Michel Blanquer lui-même. Pourtant, même celui-ci ne trouve pas grâce aux yeux des « profs avec Zemmour », qui lui reprochent « les airs qu’on fredonne avec contentement au ministère », lesquels auraient pour noms « autonomie des établissements, discrimination positive, inclusivité, et même multiculturalisme ». Sans blague ?

Le raz-de-marée des zemmouroïdes attendra

Ou bien ces gens ont vécu dans une capsule spatio-temporelle depuis (au moins) 2017, ou bien, confortés et enhardis par la droitisation du discours du ministre, ils tentent de le doubler sur sa droite. Mais que l’on se rassure : le raz-de-marée des « zemmouroïdes », comme les a baptisés le sociologue Henri Maler, n’est pas près d’emporter l’Éducation nationale. Cinquante signataires en tout et pour tout, sur un million d’enseignants : encore moins que le déjà méconnu « collectif Racine », qui voulait regrouper les enseignants proches du Rassemblement national. Certains signataires en sont d’ailleurs issus, notamment Gilles Ardinat, collaborateur de Marine Le Pen et coordinateur du forum « École et nation », qui ne cache pas être lié au RN.

L’un des signataires, Yann de Caqueray, se présente comme « chef d’établissement » : il est en fait le directeur d’un établissement catholique sous contrat. Car aucun des signataires ne précise s’il travaille pour le service public d’éducation ou dans le privé. Et on note que celui-ci est bien la seule chose à trouver grâce aux yeux des « profs avec Zemmour », pour avoir su « préserver une forme d’excellence au milieu du marasme général ». Tout un programme, en vérité…