Cri du cœur d’un sondeur

Il a conscience de le dire « à [s]es dépens », mais il le dit quand même.

« Jamais les sondages n’ont autant d’influence politique que lorsqu’ils ont le moins de réalité », reconnaît le sondeur Jérôme Sainte-Marie, président de la société d’études PollingVox, sur le plateau de Public Sénat (5/10).

Les enquêtes d’opinion « jouent très fortement sur l’offre finale (des candidats à l’Élysée), sur leur désignation, alors même qu’on interroge des gens qui sont très diversement motivés ».

À l’appui de sa démonstration, Sainte-Marie rappelle ce simple chiffre : 46 %.

Soit le pourcentage de sondés, d’après la dernière enquête OpinionWay (23/9), déclarant « s’intéresser déjà à la campagne présidentielle et suivre attentivement ce que disent les candidats », contre 52 % qui ne s’y intéressent pas encore.

Les intentions de vote définies par les instituts de sondage à six mois de l’élection « sont à peine des intentions de vote, juge Sainte-Marie. Ou plutôt : ce sont des intentions de vote pour une partie de notre échantillon et des préférences de vote sur un choix hypothétique découvert à l’instant par une bonne partie de l’échantillon ». À méditer, peut-être, entre le « sondage exclusif » du matin et celui du soir ?


Article non signé lu dans le Canard Enchainé du 13/10/2021