Fin de regne ou com’electoraliste ?

Macron et SA France, seraient-ils des incompétents diplomates et mauvais commerçants…

Après la vacherie de Biden et la perte d’un très beau contrat en Australie, voilà qu’un colonel malien prétend donner une leçon aux Français, à la tribune de l’ONU. » En termes bien choisis, un diplomate de haut rang commente les mauvais coups portés par deux « alliés » (Etats-Unis et Mali), en l’espace de seulement dix jours.

Le 16 septembre, après avoir mené en secret des négociations avec Canberra durant plusieurs mois, Joe Biden révèle que l’Australie achètera des sous-marins américains à propulsion nucléaire et qu’elle rejoindra Washington et Londres dans une alliance à trois (à laquelle la France n’a pas été conviée), face aux menaces de la Chine.

Aussitôt, avec l’aval de Macron, Jean-Yves Le Drian et Florence Parly confient à des journalistes que « la France a été humiliée ». Puis, en public, les deux ministres se déchaînent contre Washington : «Il y a eu mensonge, duplicité, rupture de confiance entre nous et les Etats-Unis. Il y a eu mépris. » C’est vrai.

Une semaine plus tard, le 22 septembre, Biden joue les câlinothérapeutes et téléphone à Macron. Il le flatte, le qualifie d’« excellent allié » et lui promet, à en croire la presse américaine, « une meilleure concertation entre eux deux, à l’avenir ». Peu convaincu, Macron annonce pourtant le retour à Washington de l’ambassadeur de France. Fin de l’histoire ? Non. Le même jour, à Washington, lors d’une conférence de presse, un journaliste demande à deux reprises au porte-parole de la Maison-Blanche « si le président Biden a formulé des excuses auprès de Macron ». Chaque fois, le collaborateur de Biden botte en touche, sans répondre à cette excellente question.

Bons souvenirs de Moscou ?

Quelques jours passent et, le 25 septembre [2021], le colonel malien Choguel Maïga, qui s’est proclamé Premier ministre après deux coups d’Etat en dix-huit mois, intervient à la tribune de l’ONU. Très offensif, il accuse la France d’« abandonner le Mali en plein vol », et donc Macron, qui prévoit, d’ici à 2023, de réduire de moitié les effectifs du contingent Barkhane, et de « fermer » dès maintenant les bases françaises de Tessalit, Tombouctou et Kidal, dans le nord du pays.

Mieux : avant même d’évoquer le rôle des militaires français, le chef du gouvernement malien rend un hommage appuyé à la présence sur place des Casques bleus, alors que le rôle de ces « soldats de la paix » n’est pas de combattre les djihadistes, mais seulement de se défendre en cas d’agression. Et d’affirmer (autre pierre dans le jardin de la France) : « La situation (sécuritaire) de mon pays ne s’est guère améliorée de mars 2012 à septembre 2021 », après plus de huit ans de guerre. Ce qui n’est pas faux.

Enfin, Maïga déclare que son gouvernement « explore les voies et les moyens de mieux assurer la sécurité (du Mali) avec d’autres partenaires », sans autres précisions.

Dans un entretien qu’il accordera ensuite aux journalistes de RFI et de France 24, le colonel Premier ministre refuse d’admettre qu’il se prépare à conclure un accord avec la société de mercenaires russes Wagner, dont la sale réputation n’est plus à faire depuis ses interventions en Syrie, au Soudan, en Centrafrique et en Libye. « Je ne connais pas de groupe Wagner », prétend le colonel malien, alors que Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères de Vladimir Poutine, confirme, lui, l’existence de ces négociations avec Choguel Maïga, avec son ministre de la Défense, Assimi Goïta, et avec plusieurs autres officiers maliens qui ont naguère fréquenté les écoles militaires russes.

Macron est furieux, qui a quelque peine à supporter qu’on lui fasse la leçon à la tribune de l’ONU. Et d’autant plus amer que ses ministres Le Drian et Parly avaient averti les dirigeants maliens : les soldats français quitteraient leur pays si des mercenaires russes venaient y traîner leurs bottes.

Les accusations du Premier ministre malien ont été qualifiées par Florence Parly, la ministre des Armées, d’« indécentes », car elles reviennent à « s’essuyer les pieds sur le sang des soldats français ». Reste une question : lors de son retour à Bamako, le colonel Choguel Maïga sera-t-il acclamé par des manifestants anti-Français ?

Échec à Washington

Malgré les efforts des vendeurs américains qui ont encore, jusqu’à la semaine dernière, proposé à Athènes des frégates à prix « cassés », ce sont des navires français qui équiperont la marine grecque.

Mardi 28 septembre [2021], un contrat a été signé en présence du Premier ministre Mitsotakis et de Macron pour trois frégates de défense et d’intervention (plus de 3 milliards d’euros).

S’y ajoute la confirmation de l’achat de 6 Rafale, qui complètent une commande précédente de 18 appareils.

Naval Group avait demandé son appui à Macron car, armer les Grecs, c’est donner une leçon au Grand Turc Erdogan.


Claude Angeli – Le Canard Enchainé – 29/09/2021


Ou encore le dérapage de Manu envers l’Etat Algérien…

Lors d’une rencontre avec une vingtaine de descendants de protagonistes de la guerre d’Algérie jeudi 30 septembre, et relatée samedi 2 octobre par Le Monde, seul journal invité par l’Élysée, Emmanuel Macron a eu des mots peu amènes et jamais tenus jusqu’ici publiquement par un chef d’État français en exercice, à l’égard du pouvoir algérien et des fondements même de la nation algérienne.

« C’est terrible, se désole un diplomate français “catastrophé”. On revient à 2005. » Quand le traité d’amitié franco-algérien avait volé en éclats sous Jacques Chirac après que le Parlement français eut adopté une loi reconnaissant « le rôle positif » de la colonisation.

Dans un article intitulé « Le dialogue inédit entre Emmanuel Macron et les “petits-enfants” de la guerre d’Algérie », le journaliste Mustapha Kessous rapporte que le président français estime qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire », que l’« histoire officielle » est « totalement réécrite » et qu’elle « ne s’appuie pas sur des vérités » mais sur « un discours qui repose sur une haine de la France », que « le président [algérien] Abdelmadjid Tebboune » est pris dans « un système très dur », « un système fatigué », « fragilisé » par le Hirak (le soulèvement populaire qui a balayé en 2019 Abdelaziz Bouteflika récemment décédé). Des propos non démentis par l’Élysée qui ne s’arrêtent pas là. 

« La construction de l’Algérie comme nation est un phénomène à regarder, a encore déclaré le président, toujours selon Le Monde. Est-ce qu’il y avait une nation algérienne avant la colonisation française ? Ça, c’est la question. Il y avait de précédentes colonisations. Moi, je suis fasciné de voir la capacité qu’a la Turquie à faire totalement oublier le rôle qu’elle a joué en Algérie et la domination qu’elle a exercée. Et d’expliquer qu’on est les seuls colonisateurs, c’est génial. Les Algériens y croient. »

En allant jusqu’à remettre en question l’État-nation algérien, en cherchant à mettre sur le même pied d’égalité l’interminable conquête française bien plus sanglante et meurtrière que la domination ottomane entre le XVIe et le XVIIIsiècle, et en reprenant ainsi les antiennes éculées de ceux qui veulent euphémiser les violences coloniales infligées par la France aux Algériens, ceux qui disent que l’Algérie n’est pas un pays, le président français donne des gages à l’extrême droite et ouvre une crise diplomatique d’une ampleur inédite à quelques mois de l’anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie (1954-1962) et son indépendance. 

Ses propos incendiaires interviennent deux jours après la décision brutale de l’exécutif de réduire drastiquement le quota de visas accordés aux citoyens des pays du Maghreb, à commencer par les Algériens.


Rachida El Azzouzi – Médiapart – Source (Courts Extraits)