C’est pas drôle-drôle !

Envie de changer d’Avis

Après avoir visité le piton de la Fournaise, Olivier a vu rouge… En vacances à La Réunion au début de juin, il loue une voiture auprès d’Avis. Sur les routes de l’île, un conducteur emboutit l’arrière de sa guimbarde. Il signe le constat puis se rend en agence, où la réceptionniste le rassure : la caution ne sera pas encaissée, puisqu’il n’est pas fautif. Le retraité rentre donc tranquillement en métropole.

Quelques semaines plus tard, cependant, son compte en banque vire à l’écarlate. La caution a été prélevée : 900 euros partis en fumée. Olivier entre en éruption ! A la société de location, basée à Puteaux, il demande par écrit la copie des factures de remise en état. Du moins le croit-il. Pendant deux mois, personne ne lui répond. Et pour cause : le courrier est systématiquement transféré au customer service (« service clients », en bon français) à Barcelone et à Budapest.

Une agente de la société explique au « Canard » qu’aujourd’hui plus personne ne fait de réclamations par cette voie : « C’est assez improbable comme démarche. » Il faut donc privilégier les appels, les mails et les réseaux sociaux. OK, boomer ?

Sauf que, ça, c’est la première version des faits. Car l’explication du silence d’Avis varie selon l’interlocuteur. Pour l’un, c’est parce que les agences réunionnaises franchisées sont en constant renouvellement que le dossier n’a pas été traité à temps ; pour un autre, c’est parce qu’un désaccord s’est produit entre les assureurs. Et ça explique l’escapade du courrier à Budapest ?

Heureusement, le hasard fait bien les choses. Les assureurs, affirme Avis, ont donné leur accord le jour même où le Palmipède a lancé sa première requête ! Le loueur rembourse donc Olivier et espère qu’il « replanifiera ses prochaines vacances en toute confiance ».

Qui oserait en douter ?


Fanny Ruz-Guindos – Le Canard Enchainé. 29/09/2021