Le «bien mal placé» à dit sans honte…

« Avons-nous vraiment besoin de nouveaux immigrés ? » – Manuel Valls.

Appelant « les républicains de tous bords » à une réforme drastique sur l’immigration, l’ancien premier ministre s’aligne sur les thèses de l’extrême droite.

Il avait motivé sa démission du conseil municipal de Barcelone en affirmant son « ardent désir d’être utile » dans le débat présidentiel. Et c’est à se demander à qui Manuel Valls souhaite rendre service, tant sa tribune sur l’immigration publiée, mercredi, dans le Figaro, fait état de sa conversion idéologique à l’extrême droite.

Prétendant renvoyer dos à dos une partie de la gauche et l’extrême droite et disant rejeter le concept fumeux de « grand remplacement », l’ancien premier ministre légitime en réalité cette thèse. « Avons-nous vraiment besoin de nouveaux immigrés ? Rien ne le démontre », assène-t-il, tout en plaidant pour la suspension du regroupement familial, l’instauration de quotas et une hausse des expulsions.

« J’appelle à reprendre le contrôle de notre politique migratoire avant que l’extrême droite ne prenne le contrôle de notre pays », affirme-t-il, tout en appliquant tout ou partie du programme de son prétendu adversaire.

Comme Éric Zemmour, Valls souhaite même s’affranchir de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qu’il voit comme « une résistance extérieure ». « Ces mouvements (d’immigration) ne s’expliquent plus par nos besoins, mais par une générosité croissante de nos politiques sociales », soutient-il, comme s’il était membre du RN, faisant de notre modèle social la cause des migrations, devant les guerres et les inégalités économiques.

L’ancien socialiste s’inquiète même que « l’origine géographique des immigrés est désormais majoritairement extra-européenne », théorisant ainsi des bonnes et des mauvaises zones d’immigration, ce qui rend à ses yeux « plus difficiles les objectifs de mixité ».

Un glissement idéologique au point de plaider pour une limitation à 30 % du nombre d’étrangers par quartier dans nos villes. « C’est ainsi que l’on défend une identité, une civilisation et une nation comme les nôtres », assure celui qui veut « tout repenser à partir de zéro » et a manifestement atteint le degré zéro de la réflexion politique.


Naïm Sakhi – L’humanité – Source