Chez les «verts» c’est Jadot…

… et puis…

Avec 51,03 %, le député européen a gagné la primaire des écologistes d’une courte tête face à Sandrine Rousseau. Ce score lui permettra-t-il de souder son propre camp et de partir avec la dynamique suffisante pour fédérer la gauche ? C’est le grand défi qui l’attend.

 […] Le député européen, qui a fait de « l’écologie de gouvernement » son mantra, sort vainqueur avec 51,03 % des voix, face à l’économiste porteuse d’une « écologie de rupture ». Comment faire la synthèse entre deux lignes aussi radicalement opposées ? Tempête sous un crâne.

[…] Sandrine Rousseau sait que c’est sa campagne qui a le plus captivé l’attention dans l’entre-deux tours – irritant certains, en galvanisant d’autres : « Nous avons porté une nouvelle manière de porter l’engagement. Le temps des demi-mesures et des reniements est révolu. Vous pouvez compter sur moi pour soutenir la suite de cette aventure », déclare-t-elle, avant de s’adresser « à ceux qui ne se reconnaissent pas dans l’offre politique actuelle », pour leur dire qu’ils sont « entendus ». Manière de dire que rien n’est joué pour Yannick Jadot (eurodéputé depuis 12 ans, un visage déjà connu), et qu’il ne pourra pas se contenter d’une ligne consensuelle qui n’a pas fait ses preuves à cette primaire. 

Ce score serré oblige le candidat désigné à faire une place à la forte demande de radicalité et de clarté qui s’est exprimée.

 […] Une chose est sûre : après l’onction démocratique de cette primaire, à laquelle les autres partis ont renoncé, Yannick Jadot compte bien aller jusqu’au bout – « jusqu’à l’Élysée, jusqu’à l’Assemblée nationale », dit-il. Mais, avec un score aussi serré, la dynamique n’est pas forcément de son côté.

 […] Les 120 000 participants de la primaire écolo suffisent-ils à faire une base de lancement ? « Je doute que l’effet “primaires” sur la candidature de Yannick Jadot soit massif cette fois-ci », anticipe Rémi Lefèbvre. Encore un caillou dans la chaussure du candidat qui, après une campagne au centre, espère maintenant devenir central.


Mathieu Dejean – Médiapart – Titre original : « Après sa victoire, Yannick Jadot face au défi du rassemblement ». Source (Extraits)


Pour Le Figaro – Dinah Cohen et Pierre Lepelletier. «Un favori gagne, c’est un miracle!» : le film de la soirée de victoire de Yannick Jadot à la primaire écologiste – Source (Extraits)


L’eurodéputé, qui l’a emporté  […] « Le plus dur commence », a-t-il lancé à la presse.

 […] Au loin apparaît alors une sorte de chaîne humaine. Fondue dans la masse, Sandrine Rousseau, happée par quelques militants, arrive. Yannick Jadot s’empresse de venir accueillir la candidate déchue. Pas de longue tirade pour les deux rivaux, une simple accolade suffit avant que chacun regagne son cercle.

Devant les journalistes, Sandrine Rousseau tient à « féliciter Yannick Jadot pour sa victoire, lui dire bravo ». Et remercie aussi d’un ton calme le parti « pour la tenue exemplaire de cette primaire, organisée dans le respect des différences de nos points de vue et un attachement essentiel au débat démocratique ».

Elle l’assure aussi : elle prendra part à la campagne pour « porter enfin l’écologie à l’Élysée ». « Évidemment, je tracterai pour l’écologie », a même ajouté l’écoféministe. D’un tour de talon, Sandrine Rousseau repart aussitôt dans son fief. Adressant un salut timide à son ancien adversaire, elle prend la route comme elle est venue : entourée de ses plus fervents soutiens.

Quelques minutes après, Yannick Jadot débarque à son tour devant les caméras. « Dans les débats immondes, vous avez dit stop, vous avez sifflé la fin de la récréation », martèle l’eurodéputé. « L’avenir de notre pays, de notre France, est plus beau, plus fier que leur délire identitaire », poursuit-il, visant sans le nommer le polémiste Eric Zemmour. « Demain, dès que nous accéderons aux responsabilités, nous rendrons le pouvoir aux Français », promet-il, remerciant ses adversaires malheureux et les invitant à le rejoindre.


Pour l’Humanité – Naïm Sakhi – « Présidentielle. La primaire donne son feu vert à Yannick Jadot ». Source (Extraits)


« Il croit au marché »

Proche de la CFDT, l’écologiste a bien du mal à se défaire de son image de centriste. « Lui croit au marché, il croit qu’on peut s’entendre avec les multinationales », tacle à son sujet Jean-Luc Mélenchon, quand le communiste Fabien Roussel rétorque que « le problème, dans le capitalisme vert, ce n’est pas la couleur, mais le capitalisme ». « Quelle est la mesure de droite que vous avez vu portée par Yannick Jadot ? » tente de le défendre, Matthieu Orphelin, rappelant « qu’il était un des premiers à s’engager dans la lutte contre les traités de libre-échange ».