Transition écologique; vers un grand chamboulement ?

Une journée d’étude avait lieu Jeudi 23 septembre 2021, les Assises de la transition dans l’amphithéâtre de l’école d’architecture de Saint-Étienne dans la Loire. Des thèmes aussi divers que l’alimentation, le recyclage électronique, la réparation de vélo, l’agriculture… où les acteurs de cette transition ont pu faire part de ce qui marche, mais également de ce qui freine l’apparition de territoires réellement écologiques et solidaires.

Devant l’ampleur de la cata écologique, on peut soit faire l’autruche, soit s’arracher les cheveux, soit faire et faire savoir. À Saint-Étienne, dans la Loire, on a choisi la troisième option.

 […] une trentaine de structures qui bossent depuis plus de dix ans pour modifier nos modes de production, de consommation, de rapport au travail, aux autres… ont tenu leurs premières Assises de la transition. Une sorte « de plaidoyer des acteurs associatifs en direction des élus de la ville et de la métropole », explique Pierre-Alain Prévost, responsable de la Fabrique de la transition et l’un des organisateurs de cette journée d’étude.

Le but ?

Que leur boulot quotidien ne soit plus perçu comme de gentillettes alternatives, mais bien comme des modèles pérennes et à développer. Alimentation bio, recyclage, circuits courts, préoccupations sociales…  […] Pour ça, il faut sortir d’un entre-soi, faire connaître ce travail trop souvent perçu comme non essentiel alors que le secteur représente, au niveau local, plus de dix millions d’euros de chiffres d’affaires, des centaines d’emplois (et plus encore d’adhérents et de bénévoles).

 […]

La transition écologique engagée doit s’amplifier

Gérer les ressources en eau, avoir une approche agronomique différente, réduire le travail des sols, planter haies et arbustes… Il y a ces pratiques agricoles que l’on connaît et qu’il faut généraliser, mais il y a aussi un changement d’échelle à avoir. Que la puissance publique ouvre ses marchés publics : cantines, restaurations collectives… pour offrir des débouchés aux pratiques d’agricultures biologiques par exemple. « Il y a 3 % de paysans en France mais 100 % de mangeurs », remarque Blandine Drevet-Odouard, éleveuse de brebis et administratrice du tiers-lieu Le Treuil, une structure paysanne qui mutualise des moyens partagés, mais aussi forme des candidats à la reprise de fermes, accompagne, informe…  […] Car la problématique alimentaire n’est pas seulement une question agricole mais bien citoyenne. Son intervention a permis de présenter les « tiers-lieux » – tout en reconnaissant aussitôt le côté « encore très flou de la notion ».

Plus concrètement, début octobre, les Stéphanois pourront se rendre compte de ce qu’est un « supermarché coopératif » lors de journées portes ouvertes le 1er et 2 octobre à La Fourmilière. Ce type d’épicerie c’est, selon Baptiste Lopez, son administrateur, la possibilité de « reprendre en main son alimentation, sa consommation plutôt que de les subir ». Comment ? En favorisant la bonne rémunération des producteurs et le juste prix pour le consommateur. Jusque-là tout va bien. Mais, « dans une ville où un quart des Stéphanois vivent en dessous du seuil de pauvreté », comme le note Josiane Günter, fondatrice de Terrain d’entente, difficile de faire la promotion du bio et de ses tarifs plus élevés.  […] Ce public-là ne peut à l’heure actuelle se payer du bio et, outre les freins économiques, il y a aussi des freins psychologiques à lever.

C’est finalement tout l’intérêt de telles assises  […] [d’]aussi dénoncé la grande distribution, figure emblématique du système libéral, qui, non seulement encourage à tout va la surproduction des denrées, la malbouffe et les prix injustes imposés aux producteurs, mais parvient également – merci le législateur – à défiscaliser ses invendus.

Au départ, le principe n’est pas si mal, puisque le but est de lutter contre le gaspillage alimentaire. Mais, selon de nombreux intervenants, les grandes surfaces donnent les denrées proches des dates de péremption à la banque alimentaire. Laquelle distribue aux associations les aliments arrivés en quasi fin de vie. Quand les associations chargées de la distribution récupèrent les denrées, elles sont finalement devenues des déchets dont elles doivent se débarrasser quand la grande distribution empoche la défiscalisation.

Alors, stop ou encore, notre système libéral ?  […]


Natacha Devanda- Charlie Hebdo Web

Source (Extraits)