Les très complexes décomptes du CSA

À l’approche de l’élection présidentielle et après l’affaire Éric Zemmour, privé d’antenne sur CNews, la question du décompte du temps de parole à la télévision fait plus que jamais débat.

Zemmour a-t-il franchi la nouvelle ligne rouge?

En appelant à décompter le temps de parole de celui qui n’est encore qu’éditorialiste de CNews et Paris Première le 8 septembre, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) s’est finalement inscrit dans sa logique du moment. […]

Traduction, le Zemmour probable candidat s’affichant aux meetings électoraux a basculé de l’autre côté et changé de statut. Classé « divers droite » par le CSA, […].

Après les ex-politiques chroniqueurs toujours plus nombreux à squatter les plateaux des chaînes d’info, pourrait-on voir apparaître la liste des chroniqueurs trop politiques ?

Journalistes, philosophes ou économistes promus éditorialistes sont, en effet, de plus en plus nombreux à afficher la couleur. […]

« Selon quels critères doit-on définir l’orientation politique d’un éditorialiste ? s’interroge le patron de BFMTV, […]. Enfin, quid des réseaux sociaux où ils sont nombreux à partager leurs points de vue à l’abri des comptages du CSA…

Le glissement de CNews vers une chaîne d’opinion n’aura échappé à personne, […] Soit le CSA va plus loin, au risque de passer pour un affreux censeur, soit elle reste sur une position qui ne satisfait personne : « Il était jusqu’à présent impossible de faire une chaîne d’opinion, mais si les règles ont évolué, il serait temps d’éclaircir la situation», ironise Hervé Beroud.

La campagne promet d’être longue.


Étienne Labrunie – Télérama (extraits) – 14/09/2021