Castex brasse du vent

L’imitant « De Funès »de Premier Sinistre, copie Macronet, en jactant sans cesse à droite à gauche, pour ne rien annoncer. MC

C’est le 28 août 2021, par un jour sans vent, que Jean Castex a exercé ses talents de comique de troisième mi-temps. Il est venu dans la «belle ville de Saint-Nazaire» et dans ce «beau département de la Loire-Atlantique » pour consacrer l’énergie éolienne offshore et vanter son efficacité. Câlinant sa « chère Barbara [Pompili, ministre de la Transition écologique] » et sa « chère Agnès [Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l’Industrie] », citant cette fois le commandement de la décarbonation, célébrant les épousailles du nucléaire et du vent, qui vivront heureux et feront plein de petits enfants, « faisant fi des faux débats et des fausses postures », préemptant au passage 500 km2 de mer au large de Barfleur, soulignant magistralement que « cette nouvelle activité nous oblige à approfondir nos connaissances sur les fonds marins », négligeant totalement les enjeux de sécurité maritime dans une ville prospère grâce à son chantier de construction navale, Castex a abattu à la fin sa carte maîtresse, « un nouvel Observatoire national de l’éolien en mer qui permettra notamment de mettre à disposition de tous, la synthèse des connaissances scientifiques disponibles sur les effets des parcs éoliens en mer sur la biodiversité et les ressources halieutiques ».

C’est une manie de l’État français, autoproclamé stratège industriel, de décider d’abord de la filière et d’informer sur les risques après.

Dans le même temps, les giga-éoliennes de General Electric, en partie assemblées à Saint-Nazaire et en cours de développement au large du Massachusetts, s’attiraient les foudres de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration). Elles risquent, d’après les experts, de perturber les repères acoustiques des baleines franches de l’Atlantique Nord, de modifier la distribution des bancs de plancton, et donc d’aggra­ver la pénurie alimentaire de cette espèce en voie d’extinction.

Après celles de Saint-Brieuc et de Caen, deux nouvelles manifestations anti-éoliennes offshore sont prévues le vendredi 24 septembre au Havre et à Cherbourg, à l’appel du collectif Citoyens des Mers, des marins pêcheurs et de leurs familles.


Jacky Bonnemains – Charlie Hebdo 08/09/2021