Les bons services de La Poste

Geneviève ne demandait pas le Pérou, seulement que la factrice passe « cinq ou dix minutes les mercredis pour vérifier que tout [allait] bien ».

Jusque-là, c’est ce que garantissait le service payant « Veiller sur mes parents », mis en place par La Poste en 2017, qu’avait souscrit cette lectrice picarde de 87 ans.

En mars dernier, sa visiteuse habituelle est remplacée par une jeune femme qui, au début de l’été, s’éclipse à son tour, en congé maternité. A partir du 14 juillet, plus personne ne prend le relais. Geneviève appelle La Poste de Rosières-en-Santerre, dans la Somme, écrit à son directeur, puis au siège parisien : ses réclamations restent lettre morte.

Pourquoi une telle désinvolture ?

Selon La Poste, Geneviève a prévenu sa factrice de son absence pour un mois. L’intéressée, qui peut difficilement atteindre sa boîte aux lettres, se demande quel voyage elle aurait bien pu entreprendre.

La Poste affirme aussi au « Canard » que Geneviève a bien demandé à réactiver son contrat, mais que sa demande n’est « malheureusement pas arrivée jusqu’aux équipes ». Autrement dit, elle se serait perdue en route. Tiens ?

La retraitée, elle, s’était vu raconter une autre histoire : c’est sa fille qui aurait demandé la suspension de son contrat. « J’ai une fille, moi ? » rit Geneviève, un poil déconcertée.

A la suite du coup de fil du Palmipède, le contrat est finalement réactivé.

Geneviève reçoit des excuses et la promesse d’un « geste commercial ».

Aussitôt dit… Le 1er septembre, elle reçoit la visite d’un agent « Veiller sur mes parents » ainsi qu’une… facture de 39,90 euros pour son mois d’août passé seule !

« Pour le prélèvement, ils ne m’ont pas oubliée », ironise-t-elle.


Article signé des initiales F. R.-G. – Le Canard Enchainé – 08/09/2021