Si, on peut.

Alors que s’est ouvert ce vendredi [03 sept 2021] à Marseille le congrès d’une “Union internationale pour la conservation de la nature”, posons-nous franchement la question : qui peut croire qu’un énième barnum institutionnel nous permettra d’inverser le cours de la débâcle environnementale ?

On fonce et on accélère allègrement vers l’extinction de la vie sur Terre (animale, donc humaine, car des végétaux vivront leur vie végétale) et on nous vante un « sommet pour limiter le désastre », voir « neuf jours pour sauver la vie sauvage » ?

Qui peut croire qu’un énième barnum sur le climat ou sur la biodiversité peut inverser le cours de la débâcle environnementale ?

 […]

Arrêtons-nous un moment devant un de ces gigantesques champs de maïs qui prolifèrent en France, destinés à l’alimentation animale (donc aux steaks qu’on peut acheter en se rendant en voiture dans une zone commerciale, entre deux ronds-points et trois zones logistiques).

Écoutons le silence de ce champ. Aucune chance d’y entendre la moindre mésange ni le moindre chardonneret, les insectes ne sont pas là non plus, et n’allons pas inspecter le sous-sol, pas de risque d’y trouver un ver de terre.

Le glyphosate fait son boulot. « La vie sauvage » a disparu.

On ne peut pas « renverser le modèle du jour au lendemain », n’est-ce pas ?

On ne peut pas non plus se passer d’importer du soja d’Amazonie pour nourrir « le minerai animal » des élevages concentrationnaires de Bretagne qui font fleurir les algues vertes ?

On ne peut pas limiter notre empreinte carbone ?

Si, on peut.


Vincent Remy – Télérama – Titre original : « Congrès de la nature à Marseille : halte au cirque ! » – Source (Extraits)