Les «partis» écolos et ses élections primaires…

En vue de l’élection présidentielle, comme récemment, les verts, vont-ils sortir un lapin du chapeau, sachant que les écologistes ne font jamais rien comme prévu !

Un article d’Emilio Meslet – Un avis paru dans l’« Humanité »(Extraits) qui nous parait assez juste… mais ce n’est que notre « impression » et ceci bien que nous ne voterons pas pour ce mouvement, mais ce n’est pas pour autant qu’il faille négliger l’écologie dans un ensemble, dans un programme à vocation sociale… ce qui exclura toutes les droites et centristes dans notre choix électoral. MC


 […]

La « crise d’adolescence » est terminée, selon l’état-major des Verts. Alors, lors du premier des trois débats de la primaire, qui se tient, ce dimanche [05 sept 2021] à midi, sur France Inter et France Info, les candidats Yannick Jadot, Éric Piolle, Sandrine Rousseau (EELV), Delphine Batho (Génération écologie) et Jean-Marc Governatori (Cap écologie) ne s’écharperont pas sur la place publique, promettent les organisateurs.

Au regard des vingt dernières années, il est permis de ne pas les croire sur parole et de préférer juger sur pièces. De même que le PS a longtemps rimé avec guerre des éléphants et que la droite ne serait pas la droite sans ses affaires, les Verts ont, eux aussi, leur grande spécialité : ne jamais choisir le candidat au plus fort potentiel électoral.

Petit historique des aléas décisionnels des écolos

2001. [Chez] les Verts : […] première désignation militante. Renoncement de Dominique Voynet, Noël Mamère devient le favori.  […] se dresse sur son chemin Alain Lipietz, soutenu plus ou moins officieusement par la direction.  […] Alain Lipietz […] l’emporte  […] avec 91 voix d’avance.

« Pour les militants, c’était une manière d’affirmer leur autonomie : ils ont choisi le candidat historique du parti contre le candidat des médias. Ils ne supportent pas qu’on leur dise pour qui voter », analyse aujourd’hui Noël Mamère.

Le 21 avril 2002, Noël Mamère récolte 5,25 % des suffrages, soit le meilleur résultat jamais obtenu par un écologiste à la présidentielle.

2006, nouvelle primaire, nouveau rebondissement. Le « disponible » Noël Mamère renonce devant la motivation de Dominique Voynet, qui fait face à Yves Cochet,  […] Voynet. Dix mois plus tard, elle signe le plus mauvais score d’un écologiste depuis 1974 : 1,57 %.

2011  […] Nicolas Hulot est crédité de 13 % par un sondage pour une présidentielle qui tend les bras à la gauche après cinq ans de Sarkozy. Personne, et encore moins les enquêtes d’opinion, n’imagine alors qu’Eva Joly, pourtant soutenue par de nombreux cadres, peut l’emporter.  […] Résultat : Eva Joly termine la présidentielle 2012 à 2,31 %, là où on promettait au présentateur d’ Ushuaïa qu’il atteindrait des sommets.

2016,  […] Yannick Jadot, principal concurrent de Cécile Duflot. Sauf que cette dernière est balayée dès le premier tour.  […] Finalement, l’inconnu du grand public Yannick Jadot triomphe de l’autre inconnue Michèle Rivasi, avant de se désister au profit du socialiste Benoît Hamon, qui finira à 6 %.

Pour la primaire 2021, le favori des médias s’appelle cette fois Yannick Jadot. Bien malin, pourtant, celui qui, vu les péripéties des années 2000-2020, peut se risquer à un pronostic…


Selon l’éditorial de « Liberation » du 08 juillet 2021 (Extraits)

L’eurodéputé Yannick Jadot, le maire de Grenoble Eric Piolle, la députée Delphine Batho et l’ancienne porte-parole d’EE-LV Sandrine Rousseau s’affronteront en septembre lors d’une primaire ouverte. Objectif : désigner le candidat écologiste pour 2022.

Quatre nuances de vert pour un seul porte-drapeau.

Quatre candidats, qui débattront projet et programme, lors de la primaire écologiste, en septembre. […] S’affronteront donc l’eurodéputé Yannick Jadot (EE-LV), Delphine Batho (EE-LV- compatible Macron), Eric Piolle (EE-LV), Sandrine Rousseau (L-I).

Organisé par le pôle écologiste (EE-LV, Générations, Mouvement des progressistes, Génération écologie et l’Alliance écologiste indépendante), le processus de désignation des candidats passait par un vote auprès de parrains et marraines. Condition pour être en lice : récolter au moins 28 parrainages sur les 236 parrains et marraines désignés par les différents partis. […] Jean-Marc Governatori […] [ayant] […] raté le seuil.

Le match aura lieu en septembre 2021: le premier tour du 16 au 19, le second du 25 au 28.

Le vote est ouvert à toute personne de plus de 16 ans, à condition qu’elle signe une charte portant les « valeurs et les principes fondamentaux du pôle écologiste », et de s’acquitter de 2 euros par tour. En 2016, lors de la précédente primaire servant à désigner le candidat à la présidentielle de 2017, environ 16 000 personnes s’étaient prononcées.  […]

Sur la ligne de départ, les maillots, bien que tous floqués d’un vert dominant, présentent quelques teintes différentes. Entre « l’écologie de solutions », « ouverte et majoritaire » prônée par Jadot dans l’Obs, au moment de se déclarer officiellement candidat, et « l’arc humaniste » rassemblant toutes les gauches voulu par Piolle, jusqu’aux Insoumis, les différences de vision sont réelles. Même chose entre l’ancienne porte-parole des Verts, Sandrine Rousseau, dont le leader insoumis Jean-Luc Mélenchon loue son « écologie rupturiste », et l’ancienne ministre de l’Écologie de François Hollande, Delphine Batho.

Certains craignent une bataille d’ego plutôt qu’un débat de fond. D’autres jouent la carte de la nécessaire clarification : chacun doit pouvoir exposer ses vues sur des thématiques clivantes comme la 5G, le nucléaire, la laïcité ou le modèle de croissance économique.


Selon Pierre Lepelletier le 06/07/2021 – Le Figaro (Extraits)

Yannick Jadot (EELV)

Depuis son bon score aux européennes (troisième, avec 13,48%), Yannick Jadot est devenu la figure d’EELV avec la plus grande notoriété. Dans les enquêtes d’opinion, l’eurodéputé domine le match, en recueillant entre 7% et 10% des intentions de vote [quelle valeur a un sondage si loin de la ligne d’arrivée ?], quand ses adversaires de la primaire sont à peine testés. Pour autant, ses positions «réalos» sur l’économie et ses gages aux électeurs plus modérés (comme sa récente participation au rassemblement des policiers) ont pu heurter les écologistes.  […]

Eric Piolle (EELV)

Maire de Grenoble depuis 2014, réélu en 2020, Éric Piolle veut miser sur son expérience d’élu d’une grande ville pour faire la différence dans cette primaire. L’édile, ancien entrepreneur, rappelle qu’il parvient à travailler avec toutes les sensibilités au sein de son Conseil municipal, et se dit prêt à transposer cette façon de faire sur le plan national. Pour 2022, il est un des partisans d’une candidature de rassemblement de la gauche.  […] .

Sandrine Rousseau (EELV)

Personne ne l’attendait là. Sandrine Rousseau a surpris les écologistes en annonçant son retour à l’automne dernier pour porter une candidature à la primaire. L’ex-porte-parole avait pris ses distances avec le parti pour s’engager dans le monde associatif et la lutte féministe.  […]

Delphine Batho (Génération Ecologie)

Elle veut porter une « autre écologie », différente de celle d’EELV. La présidente de « Génération Écologie », Delphine Batho, veut réaffirmer la centralité de l’écologie au sein du champ politique et en finir avec son ancrage à gauche. [Elle] estime que les écologistes doivent façonner une « culture de gouvernement » et davantage assumer une « dimension régalienne et républicaine » dans leur projet.  […] se dit également en faveur de la « décroissance ».