Vers une primaire «étripage» chez Les Républicains (L.R.)

La France n’a « jamais été aussi à droite », répètent à longueur d’interviews les représentants de la droite en question.

Mais, LR, sa maison mère, n’en finit pas pour autant de patauger dans la Bérézina. Et surtout dans la peur, pas infondée, de se faire piquer cette opportunité sondagière par la concurrence.

Par Macron, qui, même s’il n’est « ni de droite ni du centre », comme le fustige Larcher, le président du Sénat, est évidemment prompt à capter « en même temps » les électeurs déboussolés de ces deux camps. Par Le Pen et Zemmour, qui ne-sont pas trop chagrinés non plus par les affres de LR cherchant à départager ses postulants à la présidentielle.

Faute de « candidat naturel », après les renoncements prudents et officialisés de Baroin puis de Wauquiez, sans compter celui de Retailleau, dans la foulée, l’hypothèse de la primaire, chère au coeur des susnommés et aux sondages de Pécresse, se retrouve sérieusement cabossée.

Certes, face à des concurrents aussi « menaçants » que le médecin et maire télévisuel Philippe Juvin, le député énervé des Alpes-Maritimes Eric Ciotti, l’entrepreneur en mal de notoriété Denis Payre, ou même le peu riant Michel Barnier, aussi ennuyeux que la lecture du traité du Brexit, qu’il a négocié, la présidente de la région Ile-de-France pourrait sans trop de difficultés l’emporter.

Sauf que la primaire a plus d’un adversaire. Christian Jacob, le président des Rep, qui, quant à lui, trouve que ces scrutins internes n’ont jamais réussi au parti, dont par ailleurs Pécresse a claqué la porte en 2019. Il n’a donc pas encore pris de décision.

Le rassemblement de La Baule, le week-end dernier, a donc laissé les postulants comme les militants dans le flou. Et dans l’attente des résultats d’un sondage lancé lundi auprès d’un échantillon de 15 000 sympathisants de la droite et du centre censés estimer à la fois les capacités des prétendants déclarés et décider si une primaire est la meilleure façon de les départager, et, au bout du compte, de trouver la perle rare susceptible d’accéder au second tour. Programme autrement plus vaste que celui des divers candidats !

D’autant que, même dans l’hypothèse d’une candidature officielle de Pécresse validée par une primaire, le problème d’une candidature unique ne serait pas pour autant résolu. Puisque Xavier Bertrand, candidat en vacance du parti, lui aussi, mais autodésigné, a dit, redit et ne cesse de répéter qu’il ne participera pas à une primaire et se maintiendra quel que soit le résultat. Ce qui, entre le dépouillement du sondage, fin septembre, et le congrès du parti, dans le même temps, promet de grands moments.

La gauche, de son côté, aura un peu de mal à se gausser des problèmes de LR et associés.

La candidature unique à gauche n’est plus d’actualité depuis un bon moment déjà. Et, Faure a beau se targuer des résultats des sortants PS aux dernières élections locales pour estimer son parti requinqué pour la présidentielle, sa candidate pas encore officielle Hidalgo plafonne toujours non pas à 30 % mais à moins de 10 %. Les mieux placés des écolos, qui risquent, comme Piolle ou Jadot, d’être plombés par la primaire de leur parti, ne les dépassent pas non plus.

Mélenchon, à peine au-dessus, continue de se voir plus haut. Mais même ses sondeurs intrépides et très flatteurs, qui ont annoncé que les propositions de son programme étaient plébiscitées, ne s’aventurent pas à dire que « jamais la France n’a été aussi à gauche ».

Cela n’a pas échappé à Macron, qui, entre sa visite sécuritaire à Marseille et la conclusion très prochaine (mi-septembre) du Beauvau sur la sécurité, continue à fond sur les sujets régaliens qui n’injurient pas la droitisation.


Editorial d’Erik Emptaz – Le Canard Enchainé – 01/09/2021


Il n’est pas nécessaire de se réjouir des bisbilles des Républicains pas plus que les chiffonnades des Verts ou des débandades de la gauche, ni bien évidemment croire aux gesticulations de Manu.

Restons ZEN dans la mesure ou pour le moment nous sommes loin de connaitre les programmes de chacun, a par ceux du faux couple Macrounet-Marine, qui réitèrent, ressassent les mêmes paroles a chaque élection… Pour le moment ce ne sont que des effets d’annonces – occupations de terrain… aidé en cela par toute une armée de médias, accoquinés à la communication gouvernementale.

MC