Ceinture et pauvreté pour le peuple salarié-retraité…

Dire que certains partis politiques et élus, demandent de baisser « les charges sociales » pour soi-disant permettre d’éradiquer le chômage alors qu’en réalité partout « ça dégraisse », « ça économise », « ça restructure », « ça licencie », « ça se barre à l’étranger », tout « ça » pour de meilleurs rendements financiers… et ne venez pas me parler du salaire de Messi ou d’autres… Ci-dessous, deux-trois exemples… écœurant… rappelons malgré la covid et les vacances (pas pour tous) que dans le même temps les associations caritatives sont débordées, sollicitent des dons…

1 – Heureux comme un banquier

Les ÉCHOS » (6/8) n’ont pas pu s’empêcher d’en sourire : « Les bons résultats des banques tombent comme la pluie cet été ! » Jamais depuis trois ans, en effet, les principaux établissements financiers français n’ont enregistré de performances aussi éclatantes. Au cours du premier semestre 2021, tous les « grands » — BNP Paribas, Société générale, BPCE, Crédit mutuel et Crédit agricole ont réalisé des bénéfices supérieurs à ceux inscrits dans leurs livres lors du même semestre de 2019, c’est-à-dire avant la crise sanitaire.

Patron de la BNP Paribas. Jean-Laurent Bonnafé s’en est félicité en ces termes : « Nos résultats sont solides et reflètent le rebond de l’activité et notre potentiel de croissance. » Cette flambée des profits a une explication : malgré la crise du Covid, les impayés de crédit (ce qu’on appelle, en jargon bancaire, le « coût du risque ») sont restés à un niveau très bas, alors que, dans le même temps, l’activité de banque de détail rapportait un maximum. Les commissions encaissées et les frais facturés ont atteint un niveau exceptionnel. Et ce au moment où les frais de gestion baissent. Ainsi, alors que le produit net bancaire (en clair, le chiffre d’affaires) de BNP Paribas ne progresse que de 0,9 %, son résultat d’exploitation bondit de 46 % sur le semestre.

L’année dernière, les banques, qui craignaient une vague de faillites, avaient multiplié les provisions. Les mesures de soutien des Etats et des banques centrales ont suffi pour éviter une débandade, et ces provisions, devenues moins utiles, peuvent peu à peu être rapatriées dans les résultats des entreprises. Philippe Brassac, le directeur général du Crédit agricole, a l’« honnêteté de le reconnaître », dans « Les Echos » (6/8) : les résultats de sa banque sont la «preuve de la réussite de la stratégie de protection de l’économie mise en place » par les gouvernements et par l’Union européenne.

Tout fiers de célébrer ainsi leurs milliards de profits dans des interviews ou des communiqués, les patrons des principales banques françaises n’ont pourtant pas eu une phrase pour annoncer une éventuelle augmentation des salaires de leurs cadres et employés, hormis une hausse des bonus pour leurs tradeurs.

Un simple oubli, sans doute…

Article non signé – Le canard Enchainé – 11/08/2021

2 – Le vaccin donne la fièvre aux bénéfices

La courbe des bénéfices des labos suit scrupuleusement celle de la pandémie. Après les 33 milliards de dollars de revenus liés à la vente de vaccins annoncés par Pfizer pour cette année, son associé BioNTech vient de publier son chiffre d’affaires pour le seul premier trimestre 2021 : 5,31 milliards d’euros, soit 130 fois plus que pour la même période de l’an dernier.

C’est la même délicieuse potion pour les actionnaires de Moderna, avec des ventes de vaccins qui devraient lui rapporter 20 milliards de dollars pour l’année. La fête continuera sans doute en 2022, avec des commandes de doses Moderna qui ont déjà été signées pour 12 milliards de dollars. Elle devrait même s’éterniser, à en croire les patrons des grands labos, qui s’attendent à voir le coronavirus devenir saisonnier, comme la grippe, et rendre nécessaire une injection annuelle de vaccin pour les patients. Et de dividendes pour les actionnaires…

Article non signé – Le canard Enchainé – 11/08/2021

3 – Bénéfices de la Covid

Faut-il y voir un symbole du monde d’après ?

Oubliée, la crise sanitaire ! Au premier semestre 2021, les 40 fleurons de l’économie française, réunis au sein de l’indice CAC 40, ont réalisé 60 milliards d’euros de profits cumulés. Soit une augmentation spectaculaire de 41 % par rapport au premier semestre 2019. Avant le Covid, donc.

Les banques ont bénéficié à fond de ce retour de fortune. Tout comme les secteurs du luxe (LVMH, Kering, Hermès) ou encore les services informatiques (Capgemini). Même les boîtes gourmandes en CO2 ont « surperformé » (Airbus, Stellantis, TotalEnergies). Cocorico !

Conséquence immédiate : le 6 août, la Bourse de Paris a crevé le plafond en atteignant 6 816 points à la clôture. Un score proche de son plus haut niveau de l’an 2000. Les big boss du CAC 40 en ont naturellement profité pour procéder à un petit rattrapage salarial. Pendant la pandémie, Bruno Le Maire les avait incités à la modération. A contrecoeur, les patrons des boîtes sous perfusion ont été obligés de se serrer la ceinture. Finito !

En 2021, selon le décompte cité par « Le Monde » (10/8), les dirigeants des grandes entreprises se verront attribuer, en moyenne, une rémunération de 5,3 millions d’euros, contre 3,8 millions en 2020. Leurs émoluments seront même supérieurs de 500 000 euros à ce qu’ils avaient perçu en 2019, avant le Covid. Champagne !

Que les simples salariés se rassurent : ça ne va pas tarder à ruisseler, c’est sûr…


Article signé des initiales O. B.-K. – Le canard Enchainé. 11/08/2021