L’horaire de la guerre

C’est une grave atteinte au moral des armées que cet arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) : certaines activités des militaires pourraient relever d’une directive de 2003 limitant leur temps de travail.

Cette décision des juges de Luxembourg (siège de la CJUE), tombée le 15 juillet 2021, un jour après notre fête nationale, a provoqué une forte mobilisation de nos autorités suprêmes.

Après Macron et le général Lecointre, alors chef d’état-major, c’est Florence Parly, la ministre des Armées, qui est montée au front au nom d’une « exigence absolue » : « La nécessaire libre disposition de la forcé armée. »

Quant à Edouard Philippe, ex-Premier ministre, il a interrompu ses loisirs pour balancer un missile en forme de tribune dans « Le Monde » (17/7) : « La décision des juges européens sur le temps de travail de nos soldats touche au coeur de la souveraineté et de la sécurité de la France. »Une contre-offensive disproportionnée ? « L’Opinion » (19/7) fait remarquer que l’arrêt de la CJUE « ouvre la porte à de très nombreuses exceptions permettant de ne pas appliquer la directive aux militaires ».

On se calme et on boit frais ! Après les martiales proclamations, place aux subtilités du droit européen… Et, si ces messieurs-dames de la Cour font les fortes têtes, Macron enverra la Légion étrangère sauter sur Luxembourg. Même en plein week-end du 15-août !


Article non signé lu dans « Le Canard Enchainé » – 28 juillet 2021