Bah, oui…

Le cumul des conneries, existe aussi dans la police !

Enquêteur sur mesure pour féminicide

A Mérignac, le flic chargé de recueillir la plainte d’une femme battue (et plus tard assassinée) venait peu avant d’être lui-même condamné pour violence conjugale. La hiérarchie, qui savait, n’a rien fait pour l’empêcher.

Epatant, à l’heure où l’Intérieur appelle à la mobilisation générale sur cette cause…

Le 4 mai 2021, dans une rue tranquille de cette ville de la Gironde, Chahinez Boutaa, 31 ans, meurt. Déjà condamné pour violence conjugale en 2020, son mari lui a tiré plusieurs coups de feu dans les jambes, avant de l’asperger d’essence, puis de l’enflammer Le 15 mars, la jeune femme s’était présentée au commissariat de la ville. Au policier chargé de recueillir sa plainte elle avait raconté que, le matin même, l’homme l’avait frappée et avait tenté de l’étrangler.

Flic condamné

Selon le rapport conjoint des Inspections générales de l’administration et de la justice, missionnées après le drame, « il existe un doute sérieux sur le soin » avec lequel « une grille d’évaluation du danger et la fiche d’évaluation » de la victime ont été remplies par le policier, puis transmises au parquet.

Vraiment ?

Alors que le rapport administratif, étrangement, ne le mentionne pas, « Le Canard » a découvert que, le 10 février 2021, le flic « évaluateur » avait été condamné par le tribunal correctionnel de Bordeaux pour « violences habituelles » sur son ex-conjointe. A l’audience, il a reconnu les faits, précisant être suivi par un addictologue.

Ayant écopé de huit mois de sursis, il devrait prochainement comparaître devant un conseil de discipline et risque d’être temporairement suspendu de ses fonctions.

Sa hiérarchie est parfaitement au courant : l’un de ses chefs reconnaît que son affectation au bureau des plaintes « était discutable », précisant qu’il ne s’occupait « pas exclusivement des violences conjugales ».

Coup de chance !

Après l’affaire de Mérignac, le policier n’a plus été en contact direct avec le public.

Depuis le début de l’année, les plaintes pour violences conjugales ont fait un bond de 20 %. Pourvu que les victimes aient droit à un meilleur accueil…


Didier Hassoux – Canard enchaîné. 21/07/2021