Répression policière à la police

Un courriel lui a coûté son poste.

Le 22 mai, Valérie Martineau, patronne de tous les flics en tenue de la capitale et de sa banlieue, se fend d’une bafouille au proc de Paris. Elle lui explique combien elle désapprouve les propos entendus trois jours plus tôt à la manif des poulets (à la suite de la mort violente de plusieurs d’entre eux) devant l’Assemblée.

Dans sa ligne de mire, le secrétaire général d’Alliance (l’un des principaux syndicats de flicards), qui, à la tribune, avait lancé : « Le problème de la police, c’est la justice. »

Un soutien inattendu à la magistrature que le proc n’a pas pu s’empêcher de partager avec ses collègues…

De proche en proche, et de bouche à oreille, le contenu du courriel a fini par être rapporté au préfet de police. Un crime de lèse-majesté ! D’autant que ledit préfet, au mieux avec Alliance, participait lui-même à la manif, aux côtés du directeur général de la police et, surtout, du ministre de l’Intérieur en personne.

Merci, tchao !

Aussitôt convoquée par Didier Lallement, l’audacieuse s’est fait remercier sans motif officiel. Depuis, elle expédie les affaires courantes en attendant l’arrivée de sa remplaçante, déjà choisie.

S’il n’était pas occupé, Dupond-Moretti serait, pour elle, un bon avocat. Mais lui aussi a des problèmes avec le parquet de Paris…


Article non signé –Le Canard enchaîné. 14/07/2021