Les recalés de Parcoursup.

Ils n’ont reçu que des réponses négatives où sont toujours sur liste d’attente : jeudi soir, 91 178 jeunes inscrits sur Parcoursup (sur un total de 841 518) étaient toujours sans affectation pour la rentrée.

Or, la phase principale pour intégrer l’enseignement supérieur s’est achevée vendredi à minuit.

Dans le détail, 45 683 lycéens, 33 770 candidats en demande de réorientation et 11 725 scolarisés à l’étranger n’ont pas reçu d’offre d’affectation.

Près de 9 bacheliers sur 10 ont donc reçu au moins une proposition d’admission, un chiffre en augmentation par rapport à l’année dernière (8/10) en dépit du plus grand nombre d’inscrits cette année.

La demande explose

Comment expliquer qu’autant de candidats restent sur le carreau, alors que plus de 19 000 formations post-bac sont proposées sur Parcoursup ?

Difficile de fournir des explications exhaustives, tant la sélection est opaque.

En mai dernier, la Commission nationale consultative des droits de l’homme déplorait d’ailleurs le « manque de transparence qui entoure ces règles de classement ».

Ce qui est certain, c’est que Parcoursup fonctionne sur le principe de l’offre et de la demande.

Or, cette année, le nombre de candidats a encore considérablement augmenté. Et certaines filières recherchées manquent tellement de place qu’elles refusent même de très bons élèves.

Autre problème, avec la crise sanitaire, certains professeurs ont eu tendance à gonfler la notation du contrôle continu pour ne pas pénaliser leurs élèves.

Ce qui a eu tendance à niveler les profils, et donc à les rendre difficilement différenciables. En outre, les étudiants qui, par méconnaissance, n’ont pas effectué l’enseignement de spécialité en rapport avec la formation demandée, ont souvent essuyé des refus.

Une phase complémentaire est toutefois ouverte jusqu’au 14 septembre. En 2020, « seulement » 591 bacheliers étaient encore sans affectation à la fin septembre, contre 53 892 à la fin de la phase principale de Parcoursup.


Lu dans le Dauphiné Libéré du 17 juillet 2021.


Arrive au stade des études supérieures, la génération 90-95/98. Une génération qui a eu le malheur de croiser la pandémie, un enseignement chaotique et dont une certaine partie d’élèves se retrouvent sans affectation pour des études supérieures. Une situation détruisant parfois des ambitions professionnelles.

  • Combien accepteront d’attendre mi-septembre pour orienter leur destinée professionnelle ?
  • Combien se retrouveront sur le marché à accepter des petits boulots mal payés ?
  • N’est-ce pas une volonté gouvernementale (sous instrumentation-recommandation du Medef), que d’alimenter indirectement en main-d’œuvre sous-payée, certaines entreprises.

M. C.