50 propositions pour relancer la vie étudiante.

Une mission d’information sénatoriale a présenté, mercredi 07/07/2021, ses recommandations pour répondre aux besoins de jeunes durablement touchés par la crise sanitaire et économique.

Prévenir plutôt que guérir.

C’est le sens du rapport d’information sénatorial présenté, mercredi, par Pierre Ouzoulias et Laurent Lafon sur «les conditions de la vie étudiante en France ».

50 propositions ont été adoptées à l’unanimité par des sénateurs issus de tous les bancs, après « trois mois de travail intense », se félicite Pierre Ouzoulias, le président de la mission d’information. Il faut dire que la crise sanitaire a été « un révélateur de la fragilité qui touche les étudiants », insiste le rapporteur Laurent Lafon : 48 % d’entre eux déclarent par exemple sauter un repas par jour, rappellent les parlementaires citant une étude de l’Observatoire de la vie étudiante.

Face à un tel constat, les mesures qu’ils défendent « tendent à un accueil individualisé et personnalisé pour ceux qui en ont besoin ».

250 000 logements manquants pour répondre à la demande

Et c’est à un véritable changement de logiciel qu’appelle ce rapport. Engagé depuis plusieurs années dans une course à la compétitivité des universités à travers le classement de Shanghai, l’enseignement supérieur fait face à une concentration des formations autour des grands pôles urbains « au détriment des pôles de taille familiale et qui permettent une relation de proximité ».

Pour parer aux contraintes qu’impose aux étudiants une telle concentration (logement, coût de la vie, sélection…), la mission d’information souhaite « réinscrire l’enseignement supérieur au cœur des politiques d’aménagement du territoire, en s’appuyant sur l’échelon régional ». « Comment expliquer que l’université d’Albi pourtant classée dans les cinq meilleures de France soit en proie à des difficultés ? » désespère Pierre Ouzoulias.

Une relocalisation des lieux d’études qui s’accompagnerait d’un plan de construction de logements étudiants, en lien avec les collectivités locales. Car selon l’Association interprofessionnelle des résidences étudiants et services, ce ne sont pas moins de 250 000 logements qui manqueraient pour répondre à la demande. « Le dernier plan logement du gouvernement est loin d’atteindre les objectifs », tacle Laurent Lafon, qui déplore que « la loi 3DS ne comporte rien sur l’éducation supérieure ».

Un guichet unique « pour faciliter l’accès à l’ensemble des aides »

Au sujet des ressources financières des étudiants, la mission d’information plaide pour la mise en place d’un calcul du reste à charge « accompagné d’une aide spécifique selon les besoins », précise Laurent Lafon. Une mesure qui n’est pas une « utopie, mais parfaitement intégrée en Allemagne », note Pierre Ouzoulias. De plus, ces sénateurs appellent à une refonte globale du système des bourses sur critères sociaux.

« Il y a aujourd’hui un problème d’identification des étudiants en difficulté », reconnaît Laurent Lafon, qui propose l’instauration d’un guichet unique « pour faciliter l’accès à l’ensemble des aides ». La mission souhaite que les mesures d’urgence mises en place avec la crise du Covid, comme le restaurant universitaire à 1 euro pour les boursiers ainsi que le « chèque-psy » , soient prolongées.

Mais, malgré les quelque 40 % des étudiants obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins, entraînant ainsi de fortes inégalités en termes de réussite scolaire, le revenu étudiant ne figure pas parmi les propositions. « En revanche, nous souhaitons qu’une attention particulière se porte sur ces étudiants travailleurs, avec un seuil d’alerte et un suivi personnalisé, pouvant entraîner des aménagements d’emploi du temps et des aides financières supplémentaires », assure tout de même Laurent Lafon.


Naïm Sakhi

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