Samba souvenir d’hier !

Orfeo Negro n’est certes pas récent et le revoir serait certainement une déception tant nous sommes habitués maintenant a un découpage punch, cut… mais reste une couleur musicale, une ambiance… pour beaucoup la découverte d’une danse et d’un pays, enfin l’adaptation cinématographique un mythe ancien : « Orphée et Eurydice ».


Palme d’or 1959 a Cannes  Orfeu negro, est le deuxième film d’un inconnu, Marcel Camus, qui transpose le mythe d’Orphée à Rio de Janeiro.

Malgré l’unanimité du jury, cette Palme d’or est controversée : on reproche à Marcel Camus de filmer un Brésil de cartes postales, inondé de musique folklorique. Pourtant, en ces années sombres de décolonisation, il faut un certain courage pour réaliser un film avec uniquement des acteurs noirs inconnus.

En revoyant Orfeu negro, on s’aperçoit que le réalisateur a su jouer des contrastes de Rio, ville à deux vitesses où les quartiers modernes côtoient les ruelles insalubres des favelas. Certes, les rythmes de la bossa-nova sont très présents, mais les chansons désenchantées d’António Carlos Jobim et de Luiz Bonfá ajoutent à la sensualité de l’histoire. Et quand Camus filme la mort d’Eurydice, c’est dans un silence total qui en devient d’autant plus terrifiant. L’aspect naturaliste du film l’emporte aujourd’hui, surtout dans la scène finale de la cérémonie rituelle, quasi documentaire. L’année suivante, Orfeu negro recevra l’oscar du meilleur film étranger.