Les gendarmes privés de 14-Juillet par le préfet de police

La prochaine célébration du 14 juillet a mis le patron des pandores en pétard !

Motif ? Le préfet de police de Paris s’apprête à saboter leur traditionnel spectacle.

Cette année, en marge du défilé et devant les caméras de TF1, une libération d’otages devait être mise en scène à l’Arche de la Défense, avec déboulé d’hélicoptères pilotés par le Groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN). « Apocalypse Now », le retour ?

Depuis des mois, le scénario était calé, et les autorisations accordées. La chevauchée volante devait être effectuée par des appareils de l’armée de terre. Les gendarmes, qui, avant de rejoindre Beauvau, en 2002, dépendaient du ministère de la Défense (grand organisateur des festivités du 14-Juillet), peuvent toujours compter sur leurs anciens frères d’armes pour leur donner le beau rôle.

Le préfet de police, qui dispose de ses propres poulets d’élite (la brigade de recherche et d’intervention (BRI)), ne goûte guère cette idée. « Je ne veux pas du GIGN à Paris », a fait savoir Didier Lallement au chef d’état-major des armées. Et d’essayer de vendre « sa » BRI pour le spectacle.

Sans artifices

Seulement, voilà : les poulets ne disposent pas des qualifications requises pour emprunter ces hélicos… Une guéguerre de territoires qui, en moins tragique, rappelle le blocage du GIGN, décidé par le préfet de police de l’époque, lors des attentats du 13 novembre 2015 (« Le Canard », 9/12/15).

Avant d’artiller, le général Christian Rodriguez, grand patron des gendarmes, a écrit au préfet Lallement pour lui faire part de son « étonnement » ; il lui a aussi proposé que le Raid et la BRI rejoignent le GIGN dans son show médiatique, façon bande de potes.

Lallement n’a toujours pas répondu. A trois semaines du feu d’artifice, ça sent la poudre…


Article signé des initiales D. H. et C. L – Le Canard Enchainé.23/06/2021