Paris-Notre-Dame : 400 tonnes de plomb dans la nature !

  • Où sont passées les 400 tonnes de plomb qui ont fondu sur les toits de Notre-Dame ?
  • Combien de gosses malades ?
  • Combien de travailleurs du chantier touchés ?
  • Combien de riverains shootés ?

Le plomb a une très charmante singularité : il ne disparaît pas. Sa structure chimique l’empêche de se dégrader et, tôt ou tard, il rejoint le corps d’êtres vivants, se fixant très volontiers sur les os des humains.

Avant d’aborder la question du jour, lecteur étourdi, quelques éclairages sont nécessaires. Un, le plomb est un grand voyou baladeur, qui entre chez toi sans prévenir, par l’air, par l’eau, par les aliments. Ne crois pas pouvoir t’en débarrasser. Certes, tu en élimineras environ la moitié au bout d’un mois, via ce que tu sais, mais une fraction restera à jamais en toi.

  • Chez l’adulte, 10 %.
  • Chez l’enfant, 50 %.

Parmi d’autres gracieusetés, ce salopard feinte l’os et prend une partie de la place du calcium. Est-ce que c’est grave ? Bien sûr que non : le 12 mars 2018, la revue scientifique The Lancet publiait les résultats d’une étude épidémiologique cinglée. Le plomb tuerait à lui seul 400 000 personnes par an aux États-Unis. Soit 18 % de la mortalité générale pour ce seul polluant.

Dans ces conditions, la question du chantier de Notre-Dame est d’une grande importance sanitaire et politique.

L’incendie géant du 15 avril 2019 a fait fondre la bagatelle de 400 tonnes de plomb qui se sont volatilisées dans l’air, ou bien ont fait trempette dans la Seine, sans oublier les trottoirs, les cours de récré, les jardins publics.

Fabrice Nicolino. Charlie Hebdo Web

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