Toutes les simplifications sont compliquées

À moins d’un an de la présidentielle, le serpent de mer de la simplification administrative montre de nouveau le bout de son nez !

Cela fait plus de vingt ans que les gouvernements successifs s’attaquent au problème à coups de lois, d’ordonnances et de décrets, pour un bilan mitigé, pour ne pas dire complexe.

Un exemple : le « choc de simplification » décrété en son temps par François Hollande était assorti de 41 décrets d’exception et de près de… 1 300 dérogations, comme le soulignent « Les Echos » (3/6). Aujourd’hui, c’est la « simplification » des dossiers de demande de logement social qui se traduit par un passage de 6 à 10 pages…

Gaspard Koenig, essayiste et fondateur du think tank libéral « GenerationLibre », s’y attaque à son tour et rêve d’en faire un enjeu pour 2022.

Entre autres absurdités bureaucratiques survivantes, il cite la réglementation sur les débits de boissons, devenue tellement inextricable que l’Etat a du instaurer 20 heures de formation obligatoire pour en expliquer toutes les subtilités aux nouveaux gérants de bar ou de restaurant. Mais c’est parfois compliqué de simplifier ! Surtout quand il faut composer avec la lutte contre l’alcoolisme, le bruit, les pollutions diverses ou la sécurité des consommateurs…

Ironie de la situation : comme le souligne Koenig, les entreprises sont les premières à réclamer tout à la fois moins de normes et plus d’exceptions. Le BTP vient ainsi de réussir à obtenir le maintien de son exonération fiscale pour le gazole utilisé par les engins de chantier.

Pour une simplification pétaradante…


Article signé des initiales H. L. – Le Canard Enchaîné. 16/06/2021