Les modes de scrutin pour les nuls

A moins de deux semaines des élections départementales et régionales, tous les partis, à l’exception du RN, redoutent plus que jamais l’abstention.

Les résultats des législatives partielles de dimanche ne les ont pas rassurés, évidemment : la participation n’y a pas dépassé 25 % et elle s’est située, dans plusieurs circonscriptions, à moins de 18 %.

Il faut craindre, en outre, que l’électeur de base ait du mal à se retrouver dans les modes de scrutin de ces deux élections, qui, pour la première fois, auront lieu le même jour. Il devra en effet voter aux départementales non pas pour un candidat mais pour un binôme homme-femme et un binôme de « remplaçants » (on ne dit plus « suppléants »). Très simple par rapport à ce qui l’attend avec les régionales : l’électeur en question devra voter pour une liste régionale composée de sections… départementales. A ne pas confondre, bien sûr, avec les départe­mentales ci-dessus évoquées. Vous suivez ?

A propos de ces régionales, « Le Canard » s’est offert un petit plaisir en s’amusant à interroger un certain nombre de parlementaires chevronnés, dont nous tairons pudiquement les noms, sur la façon dont seront attribués les 1.758 sièges de conseiller régional. Brasse coulée générale !

C’est pourquoi nous nous permettons de publier à leur intention cet extrait du Code électoral, qui, rappelons-le, ne concerne que les élections régionales :

« Les sièges attribués à chaque liste en application de l’article L. 338 sont répartis entre les sections départementales qui la composent au prorata des voix obtenues par la liste dans chaque département. Cette attribution opérée, les sièges restant à attribuer sont répartis entre les sections départementales selon la règle de la plus forte moyenne. » Etc.

Nul ne peut douter que la clarté de ces modes de scrutin donne aux électeurs une envie folle d’aller voter…


Article non signé – Le Canard Enchainé. 09 juin 2021