Énergie à vendre !

L’énergie est un sujet majeur qui doit absolument être suivi et dynamisé par l’État.

L’énergie, comme tous les grands chantiers d’intérêt général, ne fonctionne qu’avec une volonté politique forte qui ne pourrait être réduite à un intérêt financier à court terme. Bref, en un mot, ils ne devraient pas être confiés aux marchés financiers.

Seulement, que l’État investisse est une chose, qu’il le fasse « bien » en est une autre. Il ne s’agit pas d’investir (pour un coût prohibitif) dans des chantiers qui ne fonctionnent pas.

En l’espèce, le nucléaire (donc aussi la question des déchets) doit être plus étroitement suivi par l’État et même développé. La position est polémique, l’UFAL le sait. Pour autant, c’est la seule qui soit viable dans l’état actuel des techniques et connaissances, et surtout des urgences énergétiques et climatiques. Car c’est là le problème. 

Concernant les EnR (énergies renouvelables), c’est beaucoup de carbone (fabrication, installation, réseau, entretien) donc de dérive climatique rajoutée à celle qui existe pour un très faible résultat en matière de rejet et consommation carbone : remplacer une énergie non carbonée (le nucléaire) par une énergie non carbonée (le photovoltaïque ou l’éolien)… Quel gain en carbone ? D’autant que l’on compare une énergie pilotée et à fort rendement (nucléaire) à une énergie non pilotée à très faible rendement (photovoltaïque + éolien). 

Pour autant, la diversification du parc énergétique au-delà du photovoltaïque et de l’éolien peut aussi être intéressante, à condition de bien en maîtriser le temps, le carbone et les coûts… 

Compte tenu de la crise énergétique que l’on s’apprête à vivre (l’Agence Internationale de l’Énergie la fixe dans un récent rapport au cours des années 2030), il serait essentiel que la FRANCE développe dès maintenant des projets ambitieux associant l’économique, l’industriel et le social. Évidemment, en tant qu’UFAL, il est important de siéger dans les comités ad hoc.

Sur le dossier de l’ÉNERGIE, l’UFAL souhaite, dans le strict respect de son objet, être porteuse de quelques propositions concrètes, comme les suivantes (par exemple) :

  • Les principaux fournisseurs d’énergie, EDF et Engie, ont annoncé différentes mesures face à la crise sanitaire : délais de paiement prolongés, pénalités de retard de paiement appliquées qu’au-delà de 40 jours (au lieu de 20 jours habituellement) pour prendre en compte les impacts du Covid-19. C’est une bonne chose, certes ! Quid des décisions des autres fournisseurs, en la matière ? L’UFAL demande des engagements de la part de TOUS les fournisseurs, au bénéfice des familles.
  • La sortie de crise sanitaire nécessite des efforts beaucoup plus importants de la part de TOUS les fournisseurs. Pour l’UFAL, ces efforts devraient être prolongés d’au moins une année (jusqu’en décembre 2022) pour permettre aux usagers et à leurs familles de mieux supporter le choc de la crise économique qui se dessine, hélas.
  • Le MÉDIATEUR national de l’énergie doit pouvoir apporter un CONSEIL pour un JUSTE PRIX (en ligne) afin d’aider les usagers dans leurs choix en matière de CONTRAT de FOURNITURE d’énergie. Dans ce sens, des avis comparatifs des différentes offres des fournisseurs devraient pouvoir être accessibles à TOUS les usagers. Par exemple, les puissances souscrites sont rarement actualisées sur les contrats et la règle de la reconduction automatique est souvent adoptée, par facilité ou commodité. Y compris, dans le secteur locatif, un CONSEIL pour un JUSTE PRIX pour dimensionner (ou réajuster) la puissance souscrite au plus près des besoins réels de l’usager doit pouvoir être apporté, gratuitement.
  • Les dispositifs de mensualisation des factures devraient être surveillés avec beaucoup plus d’acuité, par le MÉDIATEUR national de l’énergie. On peut, en effet, observer que les mensualités proposées par les fournisseurs aux usagers sont souvent surévaluées. Cette pratique abusive est de toute évidence objectivée par les fournisseurs. En revanche, les usagers sont de facto pénalisés (et mis en difficulté) financièrement par des montants de prélèvements mensuels parfois élevés et souvent injustifiés. À l’inverse, les mensualités très basses peuvent être également pénalisantes. 
  • De manière générale, les factures « estimées » devraient être désormais INTERDITES. Dès la 1re facture émise par un fournisseur, tout usager ne devrait payer que les consommations réellement relevées par son compteur. Pour l’UFAL, il s’agit d’une clause d’égalité de traitement.
  • Concernant les consommations, une assistance devrait pouvoir être proposée par le MÉDIATEUR national de l’énergie pour aider et favoriser une adaptation au fil de l’eau des contrats souscrits par les usagers. Les critères pour une plus grande vigilance (en amont) sont aisément identifiables. Ceci pourrait présenter un certain intérêt, y compris en matière d’économie d’énergie.
  • Par ailleurs, outre les délais de raccordement souvent très longs, les relations des usagers avec les opérateurs souffrent d’écarts importants en matière de qualité de service : qualité et clarté de l’accueil et de l’écoute, respect des rendez-vous, qualité des travaux, qualité de traitement des dépannages et des réclamations… Les opérateurs et leurs prestataires (très nombreux) devraient corriger et améliorer la qualité de leur service, mais les élus locaux et les pouvoirs publics (dans leur ensemble) devraient également revoir leur niveau d’exigence en la matière. Pour l’UFAL : le MÉDIATEUR national de l’énergie doit pleinement jouer son rôle dans ce domaine aussi.
  • La mobilité électrique est actuellement en plein essor : le nombre de véhicules électriques augmente considérablement, mais les bornes de recharge se développent timidement sur l’ensemble du territoire. Le Gouvernement a annoncé un objectif de 100 000 bornes accessibles sur le réseau public d’ici la fin de l’année 2021. On peut être dubitatif ! Pour l’UFAL, il s’agit maintenant de rendre véritablement accessibles les bornes pour chaque utilisateur, d’appuyer les collectivités locales et les aménageurs d’infrastructure de recharge dans leurs projets. Cette piste de travail innovante devrait contribuer à lever une des barrières au développement de l’électro-mobilité, pour TOUS, en France.
  • L’Observatoire national de la précarité énergétique a montré que ce sont 5,1 millions de ménages (12 millions d’individus) qui sont en situation de précarité énergétique, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas un accès normal et régulier aux sources d’énergie nécessaires pour leurs besoins primaires… Non seulement ces ménages sont contraints de consacrer une part croissante de leurs revenus modestes à l’énergie, mais plusieurs études ont montré que leur état de santé était plus dégradé que celui des personnes qui ne sont pas dans une telle situation de précarité. Et, à ces ménages en difficulté peuvent s’ajouter tous ces Français qui, mal informés ou perdus devant la complexité administrative, renoncent à optimiser leur logement. L’UFAL demande, par exemple, que le chèque énergie reçu en 2020 puisse être utilisé jusqu’au 31 décembre 2021.
  • Face à cette fracture énergétique, les pouvoirs publics ont une responsabilité majeure pour permettre à tous les Français de bénéficier d’une énergie au juste prix et, en même temps, de pouvoir maîtriser leur consommation. C’est tout l’enjeu des aides et de l’accompagnement à la rénovation. Quels que soient les dispositifs (crédit d’impôt, primes, ristournes) et quels qu’en soient leurs initiateurs (État, Régions, départements), la rénovation thermique du parc immobilier reste un élément-clé pour la réussite de la transition énergétique — et nécessairement solidaire — dont la France a besoin.

Oui, les clients/usagers et leurs familles représentés par l’UFAL ont aujourd’hui leur mot à dire sur l’ensemble de ce dossier de l’ÉNERGIE.


PRÉCISION 1 : 

  • Le médiateur national de l’énergie dont la saisine est GRATUITE (L’UFAL le rappelle !) peut notamment intervenir sur les litiges suivants :

PRÉCISION 2 :

La CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) est l’autorité indépendante chargée de garantir le bon fonctionnement des marchés français de l’énergie au bénéfice du consommateur.

Quel est le bénéfice retiré par les consommateurs « domestiques » de l’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence ?

Une commission parlementaire devrait pouvoir travailler sur cette question.


UFAL

Source (Lecture libre)