L’Extase d’un baiser.

Ah, mourir d’aimer !

Au point que j’expirais, tu m’as rendu le jour,
Baiser, dont jusqu’au cœur le sentiment me touche,
Enfant délicieux de la plus belle bouche
Qui jamais prononça les oracles d’amour.

Mais tout mon sang s’altère, une brûlante fièvre
Me ravit la couleur et m’ôte la raison;
Cieux!
J’ai pris à la fois sur cette belle lèvre
D’un céleste nectar et d’un mortel poison.

Ah! mon âme s’envole en ce transport de joie!
Ce gage de salut dans la tombe m’envoie.
C’est fait!
Je n’en puis plus, Élise, je me meurs.

Ce baiser est un sceau par qui ma vie est close,
Et comme on peut trouver un serpent sous des fleurs,
J’ai rencontré ma mort sur un bouton de rose.


Tristan L’hermite

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