Impôt sur le revenu : « la fuite des contribuables »…

Le constat est sans appel : jamais aussi peu de Français n’ont payé l’impôt sur le revenu.

Les chiffres, rendus discrètement publics par Bercy, parlent d’eux-mêmes : seuls 43,7 % des foyers passent à la caisse. Cette baisse pour (ne pas dire « cet écroulement ») du rendement de l’impôt sur le revenu a été amorcée en 2015 par une décision de François Hollande : la suppression de la première tranche, dite « tranche à 5,5 % », qui a provoqué la sortie de 3 millions de contribuables.

En 2020, Emmanuel Macron (à la suite, notamment, du mouvement des gilets jaunes) a décidé, lui aussi, de réviser le barème progressif de l’impôt sur le revenu, ce qui a « remodelé » les tranches à 11 % et à 30 %. C’est ainsi que, en moins de six ans, près de 7 % des foyers ont pu échapper à la douloureuse.

Ces décisions entraînent une autre conséquence : la concentration de l’impôt sur le revenu sur les salariés cadres moyens ou supérieurs.

Deux données, dissimulées par Bercy mais révélées par « Sud Ouest » (28/5), suffisent à le démontrer :

  1. sur l’exercice 2019, les impôts payés par 10 % des foyers fiscaux rapportent 70 % des recettes de l’impôt sur le revenu,
  2. 2 % des foyers (déclarant des revenus supérieurs à 100.000 euros) acquittent 40,6 % du produit de cet impôt.

En matière de concentration, difficile de faire mieux.

Ces mesures fiscales décidées aussi bien par Hollande que par Macron (pour une fois d’accord) ont évidemment eu un impact sur les recettes de l’Etat : la part de l’impôt sur le revenu n’a jamais été aussi basse qu’en 2020, selon la Cour des comptes .Impôt sur le revenu 74 milliards d’euros de recettes nettes, contre 113,8 milliards pour la TVA, impôt qui frappe la consommation sans tenir compte des revenus.