La fin de vie… agite les macronistes.

Réunion houleuse du groupe LR-EM, le 18 mai. En plat du jour, la proposition de loi sur la fin de vie du député Olivier Falorni (Libertés et Territoires).

La discussion sur ce texte, ouvrant la voie à « une fin de vie libre et choisie », avait, on le sait, débuté dans l’hémicycle le 8 avril, avec le vote de l’article 1, autorisant l’euthanasie à une majorité écrasante par 240 voix contre 48. Mais les discussions avaient été interrompues en raison, officiellement, de l’obstruction d’une poignée de parlementaires (3.000 amendements avaient été déposés).

En fait, le gouvernement et surtout l’Elysée ne veulent pas en ce moment d’un débat aussi clivant. Le 7 mai, néanmoins, près de 300 députés, de tous bords, dont une bonne partie du groupe macroniste, repartent à l’attaque : ils ont demandent par écrit à Jean Castex d’inscrire à l’ordre du jour la proposition Falorni.

Touraine embouteillé

Cette lettre n’ayant pas reçu de réponse, le député du Rhône Jean-Louis Touraine annonce, lors de la réunion du 18 mai, son intention de déposer le jour même une question d’actualité au Premier ministre dans le cadre de la séance des questions au gouvernement. A vrai dire, il espérait frapper un gros coup, persuadé que l’hémicycle le soutiendrait, voire lui ferait une standing ovation.

Niet ferme et définitif de Christophe Castaner, le patron du groupe. « Les questions d’actualité du groupe majoritaire, argumente-t-il, ne sont pas faites pour coincer le Premier ministre. »

Réplique de Jean-Louis Touraine : « Christophe, tu n’es qu’un serviteur zélé du gouvernement. Es-tu encore le président de notre groupe ? »

Réponse de Castaner : « Cette question de l’euthanasie ne peut pas être discutée à la va-vite. On ne va pas traiter de la fin de vie par une proposition de loi en fin de mandat. »

Conclusion du président de l’Assemblée, Richard Ferrand :

« Dans un moment aussi anxiogène, venir ajouter l’euthanasie est un contresens. Attention, ce désir de suicide assisté ne doit pas être interprété comme une allégorie de fin de mandat. »

Bonjour l’humour noir !

Castaner et les frondeurs

Au cours de cette même réunion, le 18 mai, Castaner s’en est pris au député Pierre Per-son, ex-numéro deux d’En marche !, qui, deux jours auparavant, avait donné une in­terview très critique au site du « Point », reprenant à son compte la rhétorique de l’opposition sur la mauvaise gestion de la crise sanitaire et le peu de cas que le gouvernement a fait de l’Assemblée. « Elle n’a servi que de chambre d’enregistrement », avait-il affirmé.

«J’étais assis à côté des frondeurs sous le dernier quinquennat, l’a taclé Castaner. Je sais d’expérience qu’on peut toujours buzzer dans la critique mais que c’est très contre-productif vis-à-vis de nos électeurs de cracher sur le mouvement dont on est issu. »

En clair, sur la vingtaine de frondeurs socialistes qui s’étaient activés contre Hollande, un seul a été réélu aux législatives, en 2017 : Régis Juanico, dans la Loire.

Faudrait peut-être penser à lui élever une statue…