La FNSEA au service des pesticides

Même si un/des article-s similaire-s à ce sujet est sont parues récemment, il importe de rappeler et dénoncer constamment les saletés rependues par bons nombres d’agriculteurs (entre autres) dans notre atmosphères ! MC

On aura tout vu, car voilà que des élus locaux prennent l’affaire des pesticides au sérieux. En mars, 10 villes d’île-de­France ont pris un arrêté malin comme tout qui tient les résidus de pesticides, hors les parcelles traitées par ces derniers, comme des déchets (1). Or les maires ont compétence pour les traiter, et ainsi que le communiqué des dix l’indique, «le dépôt de déchets sur le domaine public ou privé est sanctionné par l’article R 634-2 du Code pénal ».

La trouvaille est belle (une mention spéciale à Florence Presson, de la mairie de Sceaux (92)), car il sera plus difficile pour la justice administrative de casser ce nouvel arrêté. Rap­pelons que depuis le premier arrêté pris par Daniel Cueff, en 2019, les élus antipesticides ont subi revers sur revers. C’est le moment où, sans surprise, notre sublime FNSEA, « syndicat » de l’agriculture industrielle, décide de mordre pour la millième fois.

Le 26 avril, ses avocats ont déposé un recours devant le tribunal administratif, réclamant l’annulation du nouvel arrêté des dix, se contentant bizarrement de viser la seule ville de Gennevilliers (92). Tête du maire de la ville, Patrice Leclerc, qui déclare au Parisien : « La FNSEA nous reprochait nos arrêtés parce qu’on n’a aucun agriculteur sur la ville et là, ils nous attaquent? C’est bien la preuve qu’ils défendent le glyphosate et non les agriculteurs. »

Il est vrai que la FNSEA défend de plus en plus ouver­tement les intérêts économiques de l’agro-industrie et de transnationales comme Bayer-Monsanto, BASF ou Syngenta. La France manque cruellement d’une étude de fond sur les liens entre la FNSEA et les très grosses coopératives agricoles qui abritent douillettement quelques-uns de ses membres les plus influents. Thierry Lambert, mari de Christiane Lambert, cheffe de la FNSEA, est ainsi membre du conseil d’administration de la puissante coop Terrena. Ces fameuses coops qui ont fait des pesticides des « machines à cash », selon l’expression heureuse de Sophie Chapelle (2).


Fabrice Nicollino – Charlie Hebdo – 19/05/2021

2 réflexions sur “La FNSEA au service des pesticides

  1. bernarddominik 26/05/2021 / 11:48

    Le plus dramatiques c’est que ce sont les agriculteurs les premières victimes.
    Étrange syndicat qui porte le poison contre ses adhérents.
    Mais avec l’évolution des mentalités c’est à une vraie faillite que la FNSEA va conduire ses adhérents car le bio gagne des parts de marché chaque jour

  2. Danielle ROLLAT 26/05/2021 / 17:24

    Depuis quelques années, Madame le Maire de Bagneux, ma ville, est régulièrement convoquée au Tribunal administratif, avec les Maires de Gennevilliers, Malakoff et Sceaux, sur cette question, et nous sommes invités à les accompagner…à Versailles. Malheureusement je n’étais pas disponible, mais nous y allons aussi, lorsque ses arrêtés anti-expulsion sont déférés par Monsieur le Préfet. Et depuis quelques années, nous revoyons des coquelicots, des bleuets, des jonquilles, des crocus et autres plantes simples, dans les parcs, les pelouses, les squares et au cimetière municipal. C’est respecté et apprécié… Ceux qui contestent, qui remettent en cause la libre administration des collectivités, vont-ils s’entêter longtemps encore, avant de trouver le chemin de la sagesse, de la solidarité et du souci de la protection de la santé des habitants de nos banlieues ?

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