Marine Le Pen : instigatrice de détournement de fonds européens ?

A chaque élection, nous avons droit au feuilleton du détournement de fonds publics en provenance de la communauté européenne… faut-il se poser la question : c’est détournement existe-t-il vraiment ou, autre façon de voir les choses : en ne résolvant pas volontairement le problème par la justice et une réelle condamnation, les gouvernements successifs se servent de ces affaires comme repoussoir électoral envers l’ex FN devenu RN. Un jeu bien dangereux de part et d’autres. MC

Rebondissement dans l’affaire des assistants parlementaires européens : l’enquête désigne la présidente du RN, déjà mise en examen, comme cheville ouvrière du système organisé pour détourner les fonds du Parlement de Strasbourg. Les policiers estiment que 17 dirigeants du parti d’extrême droite pourraient faire l’objet d’un procès. Avec quelles conséquences sur la présidentielle ?

À  moins d’un an désormais d’une élection présidentielle dont elle est annoncée comme l’une des protagonistes au point d’envisager la victoire, la présidente du Rassemblement national est, pour la première fois, mise en cause comme le rouage essentiel de l’affaire des assistants parlementaires européens.

Après cinq ans d’enquête dirigée par la juge d’instruction Claire Thépaut, les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont adressé un rapport de synthèse de 98 pages à la magistrate le 15 février.

Un document révélé dimanche 16 mai par France Télévisions et le Journal du dimanche, dont le contenu témoigne de l’ampleur du scandale : le Rassemblement national a, « par l’intermédiaire de ses cadres et dirigeants, mis en place un système organisé frauduleux de détournement des fonds européens à son profit, par le biais d’emplois fictifs d’assistants parlementaires », peut-on lire. Lapidaire.

Le montant du préjudice estimé à 6,8 millions d’euros

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Le rapport cite notamment le cas de Thierry Légier, dont le visage est familier des parades présidentielles du FN : depuis 1992, cet ancien para a été successivement le garde du corps de Jean-Marie Le Pen, puis de sa fille, depuis 2011. Un homme qui a « bénéficié de plusieurs contrats d’assistant parlementaire (…). Pourtant aucun élément ne permettait d’établir qu’il avait eu d’autres fonctions que celle de garde du corps », écrivent les enquêteurs. Un cas loin d’être isolé : plusieurs proches du clan Le Pen auraient ainsi été rémunérés.

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Au total, les policiers estiment que 17 dirigeants du parti d’extrême droite pourraient être visés par les chefs d’accusation de détournement de fonds publics, voire d’escroquerie en bande organisée. Mais ce procès ne pourrait avoir lieu avant le printemps 2022, au minimum. Après l’élection présidentielle, donc. Où Marine Le Pen jouera non seulement son avenir politique mais également judiciaire.


Benjamin König – Source (Extraits)