C’est quoi « Le wokisme » ?

L’idéologie woke étend son influence sur le système d’éducation publique aux États-Unis. De plus en plus de parents s’insurgent contre les autorités éducatives et les nouveaux programmes scolaires, qui apprennent aux jeunes enfants à devenir des militants politiques et à souligner les différences raciales.

Asra Nomani est une femme originaire d’Inde, arrivée aux États-Unis lorsqu’elle était enfant. Elle s’est fait connaître en tant que journaliste et militante pour la réforme de l’islam. Aujourd’hui vice-présidence d’une association de parents, « Parents Defending Education », elle est à la pointe de la lutte contre ce que l’on appelle les idéologies « woke ».

  • […] … vous faites partie des voix, de plus en plus nombreuses, qui dénoncent la façon dont les écoles publiques américaines mettent l’accent sur les questions de race, de genre et d’activisme dans leur enseignement et comment les programmes scolaires en sont affectés. […]

Asra Nomani : Les nouveaux idéologues « woke », avec leurs théories de division, assiègent activement nos systèmes scolaires et nos enfants. Nous avons enregistré des centaines d’incidents rapportés par des parents sur la façon dont ces idéologies toxiques s’expriment dans les classes. Nous remarquons quelques tendances.

Tout d’abord, les administrations scolaires engagent des « consultants » qui apportent cette propagande politique dans les écoles. Elles pensent que ces activistes ont une voix légitime pour façonner l’éducation puisqu’ils utilisent des mots à la mode comme « diversité », « équité » et « inclusion », « éducation culturellement responsable », etc.

Les enseignants et les responsables d’écoles sont obligés de suivre des « formations de développement professionnel » destinées à les « rééduquer ».

Plus important encore, ils changent littéralement les programmes scolaires, les adaptant à ces nouveaux récits politiques, et plus particulièrement, intégrant la très controversée « théorie critique de la race » (Critical Race Theory).

Ces programmes vont, par exemple, dénigrer Martin Luther King parce qu’il n’était pas assez radical dans sa lutte contre le racisme. Ils contiennent également souvent une rhétorique antisémite. Dans l’école de mon fils, par exemple, ils ont changé certaines politiques fondamentales, comme celles concernant l’impartialité des enseignants.

Ce qui signifie que les enseignants peuvent prendre position sur les questions contemporaines controversées.

Ainsi, sur le sujet de l’attentat de Charlie Hebdo, les profs, au lieu de poser la question de la liberté d’expression et de permettre le débat, pourront suggérer que les journalistes et dessinateurs ont été assassinés parce qu’ils ont provoqué la violence avec leurs dessins, considérés comme offensants, racistes et islamophobes.

Nous avons toujours fait confiance à nos écoles publiques, mais ce qu’elles font maintenant, c’est trahir cette confiance et prendre nos enfants en otage pour les endoctriner.

  • Peut-on retrouver les racines de ces nouvelles tendances dans le système d’éducation publique ?

L’histoire des récents développements académiques est importante. Dans les années 1980, Derrick Bell a développé l’idée de la théorie critique de la race. Ironiquement, il l’a fait dans un lieu de grand privilège, à Harvard. Il a ensuite créé un petit réseau d’universitaires, dont, par exemple, Kimberlé Crenshaw (auteure connue pour sa théorie de l’intersectionnalité, ndlr) fait partie.

Au fil des années, ces universitaires ont poussé leurs théories et leurs philosophies simplistes qui font que tout dans la société est une question de race et de couleur de peau.

Puis, au début des années 2000, toujours grâce à leurs réseaux universitaires, ils ont commencé à créer une génération entière d’éducateurs imprégnés de ces idées.

[…]

L’été dernier, cela a pris une ampleur sans précédent. Ils ont commencé à humilier publiquement les éducateurs et à répandre la cancel culture dans les écoles et les universités.

 Ces pseudos consultants se sont constitués en véritable entreprise : ils obtiennent des contrats et des financements énormes pour leur travail. Ils organisent des séances de formation dans les écoles, qui rappellent les séances de thérapie de groupe, où l’on demande aux éducateurs blancs de confesser leur racisme hérité, et où l’on insiste sur le traumatisme des Noirs.

Par ces sessions, ils parviennent à modifier les programmes et les politiques scolaires. Dans l’école où mon fils étudie, une école tournée vers les sciences et la technologie, ils veulent supprimer le test d’admission et établir à la place un système de loterie pour sélectionner les étudiants en fonction de leurs origines, en lieu et place de leurs connaissances et compétences en sciences.

[…]

Inna Shevchenko. Charlie Hebdo N° spécial -·titre original : « Asra Nomani : « Le wokisme a la rigueur idéologique d’une nouvelle religion » ».

Source (Extraits)