La justice doit être « variable », selon Balladur

Ben oui, quoi ; je m’appelle Édouard Balladur et pas question d’être embarqué dans la même justice que le commun des mortels, cette valetaille miséreuse, ces pouilleux de besogneux, ces trimmeurs smicards…

Edouard Balladur n’a pas de mots assez durs contre la Cour de justice de la République (CJR).

Celle-ci l’a pourtant innocenté, le 4 mars 2021 pour, dans l’affaire du financement de sa campagne présidentielle de 1995 avec des rétro-commissions provenant de la vente de trois sous-marins au Pakistan.

Dans une longue tribune publiée par « Le Figaro » (21/4), il accuse la CJR, qu’il avait lui-même créée en 1993 avec la noble tâche de « représenter la souveraineté nationale », d’être tombée au niveau d’« une juridiction pénale de droit commun (…), telle une cour d’assises ordinaire ».

Tout à sa leçon de droit, l’ancien Premier ministre semble oublier que la CJR l’a beaucoup mieux traité que ses collaborateurs, qui, dans la même affaire, ont, eux, été lourdement con­damnés par une « juridiction pénale de droit commun ».

Son directeur de cabinet, Nicolas Bazire, a été condamné le 15 juin à trois ans de prison ferme (plus deux avec sursis) par le tribunal correctionnel.

Ministre exonéré par une cour d’exception , collaborateur condamné par la justice ordinaire : le professeur de droit Balladur ne voit rien à redire à cette curieuse contradiction judiciaire.


Article signé des initiales H. M. – Le canard enchainé 05/05/2021


Piètre personnage que ce Balladur surnommé en son temps, à juste titre Ballamou. Il n’eut pas déparé dans une monarchie. Il ne reste pas moins étonnant que des électeurs puissent encore faire confiance à ce genre de personnage. MC