Quel rassemblement à « gauche » ?

Après avoir lu ou écoutés différents médias, pardonnez-nous de sélectionner et relayer l’article paru dans le journal quotidien « L’Humanité ». C’est l’article qui nous semble le plus « ouvert » a contrario de certains ne voyant qu’avec une certaine délectation, qu’à l’issue de cette réunion, aucun communiqué n’assure de la présentation d’un programme « commun » à venir.

Certes, il n’est pas question de dire que l’article du journal « l’humanité » est totalement neutre. Juste qu’il semble relater avec justesse et mots appropriés, les interventions, mais aussi disserte sur les intentions plus ou moins cachées.

Pour autant, il semble bien qu’une nouvelle fois les égos de quelques leaders, fasse obstacles à de nécessaires convergences vers un programme qui sied à la population, notamment la plus pauvre le plus souvent, composée de travailleurs précaires, de la population ouvrière démunie devant la fermeture de filière ou délocalisant, la ruralité, etc. MC.


Un pacte de « respect mutuel » a été conclu entre les forces progressistes, réunies samedi 17 avril 2021. L’empressement de l’écologiste Yannick Jadot et du Parti socialiste à avancer sur une candidature commune est venu réveiller les tensions.

Droit comme un « i » dans son col roulé bleu et son blazer gris, Yannick Jadot savoure son moment. Sur le perron de l’hôtel Holiday Inn, au bord du canal de l’Ourcq (Paris 19e), tel un chef d’État lors d’un sommet international, l’eurodéputé EELV accueille d’un « check » du coude la vingtaine de responsables de gauche qu’il a conviés pour un conclave.

Entourés d’une foule de journalistes, les socialistes Anne Hidalgo et Olivier Faure, le communiste Ian Brossat, l’insoumis Éric Coquerel et les membres du Pôle écologiste (Julien Bayou, Éric Piolle, Benoît Hamon, Corinne Lepage et Sandrine Rousseau), ainsi que les ­représentants d’autres partis plus modestes s’engouffrent, tour à tour, dans le bâtiment.

En ce samedi 17 avril, c’est le jour du grand rendez-vous des forces de la gauche pour évoquer l’épineuse question du rassemblement, et le maître des horloges s’appelle Yannick Jadot.

«  Le début d’un travail en commun, pas une fin  »

Autour de la grande table ovale, rendue obligatoire par les restrictions sanitaires, les échanges débutent vers 10 heures. Quelques photos viennent immortaliser cette réunion que certains souhaitent historique, à un an d’une présidentielle où on prédit une gauche totalement balayée par Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Chacun prend la parole environ quatre minutes, et Laurence Tubiana, ancienne négociatrice de la COP1, anime la discussion. « On s’écoute bien, c’est franchement une très bonne réunion », glisse par SMS l’un des intervenants, heureux de voir que, même si « tout le monde n’est pas d’accord », des « convergences » sont possibles.

  • Yannick Jadot (EE-LV a proposé un « contrat de gouvernement », approuvé par Olivier Faure.
  • Le porte-parole du PCF, Ian Brossat (PCF), est venu dire que la gauche « gagnerait collectivement à se concentrer sur les questions qui préoccupent les classes populaires, comme l’emploi ou la désindustrialisation ». Il a également affirmé qu’il faut travailler à « un contrat de mandature basé sur un accord législatif qui ne soit pas conditionné à un accord pour la présidentielle ».
  • Éric Coquerel (FI), a, lui, présenté « des pistes sur le partage des richesses, du temps de travail », promu « l’idée d’une VIe  République » et le besoin de mener des « mobilisations communes ». Il a même proposé d’organiser la prochaine réunion au siège de son mouvement. Ce que l’audience a rejeté, préférant rester en terrain neutre.
  • Guillaume Lacroix (RdG) a évoqué la question de la laïcité,
  • Anne Hidalgo (PS) a souhaité une trêve sur la question pour s’intéresser davantage aux problématiques sociales. 

Bref, chacun a débarqué avec son agenda et a pu l’exposer aux autres.

 […]

Au vu des divergences de fond assumées sur le libéralisme, l’Europe ou la laïcité, on a compris depuis longtemps que cette rencontre ne suffirait pas à tous les réunir derrière une même bannière. « Ce n’est pas possible de se mettre d’accord sur un nom en une matinée », explique Benoît Hamon.

Évoquer le « qui » avant le « quoi » serait d’ailleurs « la pire manière de commencer », pense Julien Bayou. Il n’y a donc « pas de fumée blanche » à l’issue du huis clos, mais « pas de bras de fer » non plus, résume le secrétaire national d’Europe Écologie-les Verts.

La discussion aura au moins permis un accord sur trois points afin de ne pas laisser à la droite le monopole culturel dans le pays. « On est d’accord pour mener des mobilisations ensemble, souligne Éric Coquerel, qui remplaçait Jean-Luc Mélenchon, absent pour cause de voyage en Amérique latine.  Sur la réforme de l’assurance-chômage, par exemple. »

Ensuite, les différents interlocuteurs se sont accordés sur la nécessité de débattre publiquement de leurs divergences idéologiques, plutôt que de s’écharper par réseaux sociaux et médias interposés. « On peut au moins espérer se concentrer sur les vrais sujets qui préoccupent les classes populaires et arrêter les invectives », se réjouit Ian Brossat.

Dans le même ordre d’idées, a été conclu un « pacte de respect mutuel », afin d’adopter une réponse commune en cas d’attaque venue de la droite ou de l’extrême droite. Sur les multiples procès en islamo-gauchisme, par exemple. Tous ont aussi convenu d’une nouvelle réunion « fin mai », intégrant des collectifs citoyens. « La politique est une chose trop sérieuse pour être laissée aux partis », estime Sandrine Rousseau.

Mais l’unité s’est rapidement fissurée. La « photo de famille » notamment incomplète et comportent de nombreux « de sourires de façade », illustrant parfaitement ce qui s’est joué en marge de ces trois heures d’échange. […]

À gauche, les potentiels candidats sont nombreux

  • Pour le moment, seule la France insoumise a officiellement investi son candidat à la présidentielle en la personne de Jean-Luc Mélenchon, qui vivra sa troisième campagne pour l’Élysée.
  • Les communistes s’apprêtent, le 9 mai, à faire de Fabien Roussel, le premier depuis 2007.
  • Même si Yannick Jadot voudrait s’en passer, la direction d’Europe Écologie-Les Verts tient à ce qu’une primaire ait lieu au sein du Pôle écologiste, composé de cinq partis dont Génération.s. Elle se tiendra fin septembre et trois candidats sont plus ou moins dans les starting-blocks : Éric Piolle, Sandrine Rousseau et Yannick Jadot.
  • Le Parti socialiste a, de son côté, commencé à travailler sur son projet présidentiel, mais continue d’appeler à une candidature commune par la voix de son premier secrétaire, Olivier Faure. En interne, beaucoup poussent pour qu’Anne Hidalgo, la maire de Paris, se lance dans la course. Elle-même y penserait fortement.
  • Par ailleurs, certains prêtent également des ambitions élyséennes à l’ancien ministre Arnaud Montebourg, qui n’appartient aujourd’hui à aucune formation.

En résumé : Des premières avancées a confirmé.


Article basé sur les ecrits de Emilio Meslet – Cyprien Caddeo –

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