Esquisse d’après le « Quoi qu’il en coûte » !

C’est Bruno Le Maire, l’un de ses plus ardents partisans, qui l’a annoncé en substance en présentant, jeudi 8 avril 2021, les grandes lignes de la « trajectoire des finances publiques », projet destiné à être transmis cette semaine à la Commission européenne.

Et, pour convaincre que l’heure est grave, il a brandi les derniers chiffres du Fonds monétaire international (FMI), montrant un sévère déclassement de la France par rapport non seulement aux États-Unis, mais aussi à l’Allemagne et à l’Europe du Nord.

« Nous nous donnons cinq ans, a annoncé Le Maire, pour rétablir les finances publiques ». C’est-à-dire pour les ramener au piteux état dans lequel elles se trouvaient avant le début de la pandémie.

Le document présenté à Bruxelles prévoit que la dette publique ne cessera d’augmenter qu’en 2026, et que le déficit redescendra ensuite au-dessous des 3 % (tiens, les revoilà !). À condition « que la crise sanitaire soit dernière nous après l’été », a-t-il nuancé.

Pauvre France !

Pour la suite, a répété le ministre, « nous refusons toute hausse d’impôt qui, comme après 2008, casserait la croissance ».

En clair, il s’agira de limiter l’augmentation de la dépense publique à 0,7 % par an.

  • Bon courage : en trente ans, cet exploit n’a jamais été réalisé.
  • Prière, pour le président élu en 2022, d’écouter Le Maire.
  • Plus inattendu dans cet éternel appel aux économies, Le Maire s’est alarmé de l’« appauvrissement du pays ».

Citant des chiffres récemment publiés par le Fonds monétaire international et passés injustement inaperçus, il a expliqué : « Depuis 2000, la richesse par habitant a progressé de 15 % en France. Contre 25 % aux Etats-Unis et en Allemagne — où elle était déjà plus élevée. »

Autrement dit, en vingt ans, la richesse moyenne des Français a reculé de 15 % par rapport à celle des Américains et de 10 % par rapport à celle des Allemands.

Macron, président des pauvres ?

Le fossé existe également au sein de l’Europe : selon le FMI, entre 2000 et 2019, la richesse moyenne a augmenté de 10 500 dollars par Allemand, contre 6 500 par Français …

Pour tout arranger, à en croire l’institut (libéral) Rexecode, la crise sanitaire va creuser le fossé entre les pays.

En 2026, le PIB de la zone euro reculerait encore de 3 points par rapport à celui des États-Unis. La France, elle, perdrait 3 nouveaux points par rapport à l’Allemagne et l’Italie 4. Mais, les Italiens, eux, ils ont le soleil.


Hervé Martin. Le Canard enchaîné. 14/04/2021


Notre avis (qui est bien entendu ne regarde que nous) : il faudra veiller à bien détailler– analyser les programmes de chacun des partis politiques se présentant dans les différentes instances.

Il faudra éliminer systématiquement toutes les candidates ou tous les candidats, qui négligeront de traiter cet aspect financier de la France, imbriquant est déterminant les finances publiques.

À celles ou ceux qui promettront la lune, l’expansion assurée sans toucher au prélèvements fiscaux, il vous faudra vous en détourner, car, pour éviter une magistrale crise d’austérité les élus de toutes instances tout comme le gouvernement, devront se décider à fonctionner sérieusement les plus aisés et notamment les profits financiers. MC