A cet’heure là… 2

Je connais une belle fermière
On l’appelle la belle Suzon
Cette femme veuve et solitaire
Habite la ville de Mézidon
Un jour, elle se dit, j’ai bien réfléchi
J’veux prendre un mari à partir d’aujourd’hui
Vive la belle Suzon, vive la belle fermière
Pour elle tous les garçons reviennent à Mézidon

Pour retrouver un soutien, un être
Elle chercha dans tous les environs
Un homme à qui toutes les femmes cèdent
Un de ces forts et joli garçon
De suite, elle repeint, le gazon, le jardin
Qu’il laboure sans cesse du soir au matin
Vive la belle Suzon, vive la belle fermière
Pour elle tous les garçons reviennent à Mézidon

Elle fut une gentille patronne
Pour celui qui savait labourer « drain »
Car vraiment il ne craignait personne
Connaissant bien à fond son métier
Partout on parlait du bon jardinier
Et sa bonne carotte toutes les femmes vantaient
Vive la belle Suzon, vive la belle fermière
Pour elle tous les garçons reviennent à Mézidon

Il soigne la fraise et la pêche
Et particulièrement l’abricot
Mais d’être toujours là, sur la brêche
Il devient presque « séco »
Il a même trouvé ses prunes abimées
Tout ça, quand l’asperge, évidemment, montée
Vive la belle Suzon, vive la belle fermière
Pour elle tous les garçons reviennent à Mézidon

Mais un jour, elle s’aperçoit la belle
Que maintenant le gars était fatigué
Et pour qu’il soit prêt d’un nouveau zèle
Elle sut bien vite le ravigoté
Et si bien fait que, sans se faire désirer
L’oignon fut, par lui, tout de même bien soigné
Vive la belle Suzon, vive la belle fermière
Pour elle tous les garçons reviennent à Mézidon